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La Tunisie est-elle devenue un pays “marché” pour des jeunes sur la piste du djihad ?

Tandis que la Tunisie est le seul pays arabe ayant subi une transition démocratique réussie après le printemps arabe (Révolution Tunisienne de 2010-2011), le pays il a aussi été témoin d’un mouvement croissant des jihadistes Salafistes depuis la chute de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali en janvier 2011. Ce mouvement de Salafistes djihadistes appelle à l’instauration d’un état Islamique (caliphat) et refuse de reconnaître la légitimité des institutions modernes de l’état tunisien.

La menace qui se pose actuellement a été intensifiée et pourrait déstabiliser la transition soi-disant démocratique du pays qui demeure fragile. Deux attaques récentes ont recueilli beaucoup d’attention mondiale: l’une sur une plage à Sousse en juin 2015 et une autre au Musée national Bardo en mars 2015 – toutefois ces attaques, qui ont laissé 38 et 22 morts derrière elles, respectivement, représentent une plus grande escalade qui se construit depuis 2012, une année où il a eu lieu la première attaque terroriste contre les forces de la Garde nationale Tunisienne à la frontière Tuniso-algérienne.

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La Tunisie a le plus grand nombre des militants djihadistes pour un million d’habitants source: theweek.co.uk 

Etabli en avril 2011, l’Ansar Al-Sharia, un groupe de Salafiste-djihadistes compte actuellement plus de 50,000 djihadistes -Salafiste en Tunisie au 1er en juillet 2015, selon l’Office des Nations unies du Haut commissaire pour des Droits de l’homme. L’office a déclaré, également, qu’il y a aussi plus de 5,500 Tunisiens qui se battent au sein des groupes djihadistes en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen et au Mali. Les Tunisiens ont des rôles principaux dans les mouvements djihadistes en Syrie et Irak. Après l’attentat de Sousse, le Premier ministre tunisien a annoncé que 15,000 Tunisiens étaient sur le point de partir pour rejoindre des groupes djihadistes et ils ont été empêchés de partir.

Dans le cadre de la transition démocratique, des partis Islamistes ont pu exploiter la situation librement et prendre le pouvoir là où il peut. Ce constat s’avère vrai dans le cas du parti Islamiste Ennahdha, qui a gagné les premières élection en Octobre 2011, période de post-soulèvement tunisien qui est la deuxième plus grande partie au parlement actuel et le Parti du Front de Réforme Salafiste, qui a participé aux élections parlementaires tenues en octobre 2014. Quoi qu’il en soit, le djihadisme Salafiste a pu s’étendre plus facilement en Tunisie après la chute du régime de Ben Ali à cause de ne pas avoir de forte sphère religieuse et du manque de porter une plus grande attention aux questions socio-économiques du pays.

Aux années post-révolutionnaires de Printemps arabe Tunisien, la priorité a été donnée aux préoccupations politiques et constitutionnelles et cela a mené à la négligence de fractures socio-économiques héritées de l’ère de Ben Ali et a laissé les espérances des classes moyennes ou encore plus pauvres en grande partie non satisfaites.

Cette désillusion a alimenté pour certains des jeunes une radicalisation encouragée. La marginalisation pendant la période de Ben Ali d’enseignement religieux et l’imposition de très strictes contrôles pour accéder des mosquées aussi a créé un vide dans la sphère religieuse qui a permis aux acteurs religieux radicaux d’apparaître après la chute du régime pour recruter de nouveaux membres parmi la jeunesse privée des droits civils. La Tunisie est maintenant un pays à risque à cause des déficiences du secteur public tunisien à long terme.

Pour surmonter et prévenir la croissance de radicalisation des jeunes et des groupes radicaux, la Tunisie doit s’attacher d’urgence à satisfaire les demandes politiques de sa jeunesse et diversifier sa sphère religieuse. La Tunisie doit se doter d’un système équitable, souple et efficient de règlement des problèmes, des plaintes et des griefs, sous peine de voir progresser l’exclusion sociale et la pauvreté et une source de frustration grandissante chez les jeunes.

Une possible institutionnalisation du mouvement Salafiste en Tunisie,sera aussi nécessaire, permettant à ceux qui voudraient de s’en occuper de la politique formelle de le faire librement, tant qu’ils respectent la loi. L’état devrait aussi desserrer son contrôle sur la sphère religieuse du pays pour favoriser la diversification des idées religieuses au sein du pays.

Le problème de djihadisme est un problème qui concerne toutes les classes sociales en Tunisie.La jeunesse tunisienne a éprouvé une crise profonde qui a deux caractéristiques principales: une crise socio-économique caractérisée par une incertitude générale quant à l’avenir de cette jeunesse et la recherche d’un sens de vie plus profond que celui que leur société, tellement polarisée, leur offre.

Le succès du mouvement djihadiste se trouve sans aucun doute dans sa capacité pour attirer des jeunes, comme les trois auteurs des attentats qui ont eu lieu en Tunisie, qui étaient tous les trois malheureux de leur statut social.

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