Hommage à Leïla Alaoui dont la mort a tellement bouleversé le monde de la photographie et de l’art: “Les Marocains”

Le 18 janvier dernier, Leila Alaoui tombait sous les balles des terroristes lors des attentats au Burkina Faso. La jeune femme se trouvait à Ouagadougou dans le cadre d’un reportage pour Amnesty International. Une fresque à son effigie s’étire désormais sur les murs de la capitale burkinabée. Artiste franco-marocaine, Leila Alaoui portait un intérêt tout particulier aux identités culturelles et à la migration.

L’émergence posthume de son travail, questionne dans le flot des représentations et de la propagation de l’évènement médiatique, la place du regard sur nos émotions individuelles et collectives face au terrorisme.

Fortement imprégnée par sa double culture, franco-marocaine, Alaoui s’est rapidement tournée vers la photographie, un média qu’elle considérait comme idéal pour aider à la compréhension entre les peuples et pour que les spectateurs puissent partir à la rencontre de l’autre, sans nécessairement voyager. Ses images se chargeaient de nous transporter loin, très loin, dans des contrées qui fleuraient le mysticisme, le passé riche, les décors grandioses.

leila alaoui

Des réfugiés syriens au Liban aux immigrants marocains prêts à tout risquer pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée, un regard suffit parfois pour se plonger dans l’histoire des sujets photographiés.

Avec la série “Les Marocains”, la photographe a ainsi opté pour des portraits pris sur le vif, dénués de tout artifice, pour montrer le vrai visage du Maroc.

Inspirée par “The Americans” de Robert Frank et “In The American West” de Richard Avedon, Leila Alaoui et son studio photo mobile ont parcouru le pays, capturant des portraits “d’hommes et de femmes de tous âges, de différentes ethnies et tribus, arabes et berbères” dans des lieux publics (comme les souks) et des rassemblements locaux.

L’édition 2016 de la Biennale de Marrakech est dédiée à la mémoire de la photographe Leïla Alaoui (telquel.ma)

« Leïla Alaoui est morte en défendant les valeurs qui nous tiennent à cœur. Elle a consacré son travail à la création, à l’art et aux droits humains », estime Amine Kabbaj, président de la Biennale d’art de Marrakech. L’édition 2016 est donc dédiée à la mémoire de l’artiste. Les organisateurs ont alors choisi de mettre au cœur des projets parallèles de la biennale son exposition « L’Ile du diable ». Cette oeuvre vidéo rend hommage aux travailleurs maghrébins de l’ancienne usine Renault située sur l’île Seguin de Billancourt, à Paris. L’expo se tiendra à L’Blassa, où sont accueillis tous les projets parallèles de l’événement.

En plus ,pour sa 22ème édition, le Salon international de l’édition et du livre (SIEL) a choisi de rendre un hommage fort à deux artistes marocains récemment décédés le dramaturge Tayeb Seddiki, mort des suites d’une longue maladie le 5 février, et la photographe Leila Alaoui, emportée par les balles des terroristes à Ouagadougou, le 18 janvier.

« Les Marocains », l’un des derniers projets de la photographe Leila Alaoui

Les Marocains » est l’un des derniers projets de la photographe franco-marocaine blessée grièvement lors de l’attaque à Ouagadougou, le 15 janvier et morte trois jours plus tard. Ces images avaient été exposées à la Maison européenne de la photographie, à Paris, entre novembre 2015 et janvier 2016.

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Le projet s’intéressait à la diversité des communautés du Maroc, pays dont la photographe était originaire.

“Ma démarche, qui cherche à révéler plus qu’à affirmer, rend les portraits réalisés doublement “documentaires” puisque mon objectif – mon regard – est à la fois intérieur et critique, proche et distancié, informé et créatif. Ce projet, toujours en cours, constitue une archive visuelle des traditions et des univers esthétiques marocains qui tendent à disparaître sous les effets de la mondialisation.” comme elle explique dans le texte de présentation de son projet

Pour Julie Jaroszewski de legrandsoir.info:

Si les yeux de Leila se sont clos au Burkina Faso, pays des Hommes Intègres et de la multiplicité ethnique, son travail ne cesse de questionner notre regard. Là où les images des attentats de Ouagadougou iront rejoindre le flot des catastrophes passées et à venir, Leila Alaoui nous rappelle que nul homme ou femme ne doit être soumis à la laideur d’une image médiatique barbare. Depuis l’au-delà, elle persiste à enseigner l’exigence du point de vue, de la distance et du pouvoir contagieux de la croyance en l’autre et sa beauté.

Sources: HuffingtonPost et Amnesty International

http://biennalephotomondearabe.com/

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