Est-ce qu’il est temps pour le Sultan Erdogan de changer sa politique dégénérée en Turquie?

En Photo: Can Dündar qui a reçu en 2015 le prix des Réporteurs Sans Frontières actuellement imprissoné.

Pendant ces dernières années, le President (“ou le nouveau Sultan”) turc Recep Tayyip Erdoğan est devenu aujourd’hui plus que jamais autocratique, supposant peut-être qu’aucun de ses alliés régionaux ou dans l’OTAN  allait protester ou s’opposer contre cette politique, parce que tant  en Europe qu’aux États-Unis la Turquie est considerée comme un allié important et ils ont besoin de son aide dans le combat contre l’État Islamique et le contrôle de flux de réfugiés qui arrivent en Europe. Mais à long terme, le comportement brutal (brutish behavior) de M. Erdogan sera contre-productif selon WashingtonPost.

erdogan sultan satirize
Ce qu’il a été fait dans les poursuites pénales à l’encontre de Can Dundar (en photo) et Erdem Gul, des journalistes travaillant pour le journal quotidien Cumhuriyet, est un affront aux valeurs qui nous tiennent tous à coeur aujourd’hui.  M. Dundar et M. Gul, le rédacteur en chef de Cumhuriyet et le chef de bureau à Ankara, respectivement, font face aux multiples condamnations à perpétuité  si sont reconnus coupable sur les accusations de dévoiler délibérément des secrets d’Etat ,d ‘espionnage et d’aider un groupe terroriste. Ils risquent la prison à vie pour un article accusant Ankara de livraison d’armes à la rébellion islamiste en Syrie.

Arrêtés le 27 novembre 2015 pour « espionnage » et « tentative de coup d’État », relâchés le 26 février 2016 sur une décision de la Cour constitutionnelle qui a estimé que leur incarcération était « une violation du droit de la liberté et de la sûreté individuelles », les deux journalistes s’étaient présentés, vendredi 25 mars, devant la Cour criminelle d’Istanbul.

Les journalistes disent qu’ils sont innocents de ces accusations qui ont fait l’objet pour intimider ces deux journalistes et d’autres qui veulent critiquer le Sultan et sa politique.

 

MM. Dündar et Gül avaient passé plus de trois mois en détention provisoire, avant d’être remis en liberté en février par une décision de la Cour constitutionnelle.

Leur incarcération et les accusations lancées contre eux, par la justice et le régime turc, avaient suscité un tollé dans l’opposition turque, les ONG de défense des libertés et de nombreuses capitales étrangères, qui dénoncent depuis des années la dérive autoritaire de M. Erdogan.

La présence la semaine dernière à l’audience de diplomates occidentaux, dont plusieurs européens, a encore fâché le président qui a rappelé, parmi d’autres propos ressemblant à des menaces voilées d’expulsion, que les diplomates pouvaient bien agir dans le cadre de leurs consulats mais qu'”ailleurs, cela nécessite une permission”.

L’UE, ainsi que la France et les Etats-Unis, ont réaffirmé au contraire que leurs diplomates étaient parfaitement dans leur rôle d’observateurs à ce procès.

  • La visite Erdogan aux Etats-Unis

Jeudi soir en marge du sommet sur la sécurité nucléaire, M. Erdogan devant le cercle de réflexion Brookings à Washington a été précédée par des heurts entre les services de sécurité turcs et des journalistes et des manifestants — certains brandissant des bannières de combattants kurdes syriens –, qui ont échangé coups et insultes avant que la police n’intervienne.

Un homme de la sécurité turque a lancé un coup de pied à hauteur de la poitrine d’un journaliste américain qui tentait de filmer des heurts. Un autre a traité une chercheuse en sciences politiques de «Putain du PKK», le Parti des travailleurs du Kurdistan honni, et interdit, par Ankara.

D’autres ont tenté d’empêcher deux journalistes turcs d’accéder au bâtiment de la Brookings, dont un journaliste du journal d’opposition Zaman, mis sous tutelle par le gouvernement. Mais des membres de la Brookings les en ont empêchés lors d’une confrontation très tendue.

A l’extérieur du bâtiment, des militants pro-Kurdes scandaient «Erdogan fasciste!» ou «Erdogan, tueur d’enfant».

Le Club national de la presse américain, une grande organisation de journalistes, a vivement protesté.

«Le président turc et son équipe de sécurité sont des invités des Etats-Unis», a déclaré dans un communiqué Thomas Burr, son président. «Ils n’ont pas le droit de porter la main sur des reporters ou des manifestants», a-t-il dit.

«Erdogan n’a pas à exporter» les violations des droits de l’Homme et de la presse qui se développent en Turquie, a-t-il ajouté.

Imperturbable après ces heurts, le président turc a défendu dans un discours très ferme l’action de son gouvernement contre des médias turcs, malgré les critiques internationales, et sa lutte contre le séparatisme kurde, après un nouvel attentat.

Dans ce contexte, les gardes du corps du président Erdogan, actuellement en visite à Washington, ont été vivement mis en cause aux Etats-Unis après des heurts jeudi soir avec des journalistes et des manifestants, qui ont échangé coups et insultes avant l’intervention de la police.

  • La Nouvelle Turquie sous le régime de Sultan Erdogan

Quand Erdogan et son parti islamiste de la Justice et du Développement (AKP) ont pris le pouvoir en 2003, ils ont pourtant renforcé l’économie turque et ont amélioré les relations de la Turquie avec ses voisins. M. Erdogan  a poursuivi l’adhésion d’Union européenne, a fini la domination militaire sur la politique turque et a essayé de trouver une solution pacifique au problème Kurde de longue date.

Les développements récents en Turquie nous rappelent des clichés effrayants et des moments sombres du totalitarisme pendant le XXe siècle en Europe et ailleurs.

Un parlementaire du Parti d’AKP a poussé une foule d’ attaquer les bureaux d’un journal fustigé par Erdogan seulement quelques jours auparavant. (Hürriyet).Plusieurs  membres fondateurs du parti d’AKP, y compris l’ancien président Abdullah Gul, ont été enlevés d’une liste en ligne officielle des membres fondateurs du parti.

Parmi des milliers d’entre d’autres, un garçon de 13 ans a été arrêté car il a  insulté M.Erdogan et une femme qui a fait de même a été dénoncée à la police même par son propre mari.

Des dizaines de milliers d’enfants, y compris qui font partie des minorités religieuses, ont été forcés d’être envoyés à des écoles Islamiques ou soumis à l’enseignement religieux Islamique obligatoire. Maintenant, vu que Erdogan cherche à transformer la constitution turque pour retrancher son pouvoir comme  président, de tels abus deviendront probablement la norme.

En Turquie, la politique de M. Erdogan le met encore plus loin de la portée de son peuple. Après le soutien et l’armement de groupes extrémistes dans le conflit syrien, la Turquie éprouve maintenant un contre-coup dangereux du terrorisme qu’elle a aidé à s’établir en Syrie . Les attentats à la bombe à Istanbul et à Ankara ont créé les scènes choquantes de carnage. Pourtant la Turquie continue à insister  que des groupes Kurdes syriens – et pas l’État Islamique ou Jabhat Al-Nusra – soient une menace  plus grande en Syrie.

Les rebelles kurdes armés et les forces turques se livrent depuis huit mois une guerre à huis clos, loin des caméras et des projecteurs médiatiques, interdits dans plusieurs localités du sud-est. L’armée turque, qui a mobilisé 10 000 soldats selon Reuters, multiplie les offensives pour débusquer les combattants du PKK, imposant des couvre-feux quasi-permanents. Entre le 16 août 2015 et le 5 février 2016, Ankara en a imposé 59 dans les villes de Diyarbakir, Sirnak, Mardin, Hakkari, Mus, Elazığ et Batman, affectant 1,3 million d’habitants, selon la Fondation turque des droits de l’Homme (HRTF).

Middle East Eye a révélé que le roi Abdallah de Jordanie a accusé la Turquie d’exporter des terroristes en Europe lors d’une rencontre de haut niveau avec des hommes politiques américains en janvier.

Le roi a affirmé que la plus grande crise de réfugiés qu’a jamais connue l’Europe n’était pas accidentelle, et que ne l’était pas non plus la présence de terroristes parmi eux : « Le fait que des terroristes vont en Europe participe de la politique turque et la Turquie continue de ne recevoir qu’une légère tape sur la main et d’être laissée tranquille ».

Lorsque l’un des députés présents lui a demandé si le groupe État islamique (EI) exportait du pétrole en Turquie, Abdallah a répondu : « Absolument ».

Abdallah II a exprimé ces remarques pendant un vaste débriefing donné devant le Congrès américain le 11 janvier dernier, le jour où une rencontre avec le président américain Barack Obama a été annulée.

 

 

 

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