Le journal russophone Fontanka a publié une investigation concernant les mercenaires russes qui ont trouvé la mort pour la politique du Président Poutine en Syrie et en Ukraine

Fontanka, un journal russe ayant son siège général à Saint Pétersbourg , a publié une enquête au sujet des activités des mercenaires russes dont un nombre a trouvé la mort pendant des opérations en Syrie et en Ukraine.

L’information est passée quasiment inaperçue, pourtant elle en dit beaucoup sur la réalité géopolitique en Syrie. Le 18 décembre dernier, le Wall Street Journal rapportait la mort en octobre de neuf combattants russes, tués par des tirs de mortiers dans une base au Nord-Ouest du pays.

Les mercenaires russes: Un Groupe organisé selon Le Figaro.fr

La présence de forces armées russes sur le territoire syrien avait déjà été notée : les Slavonic Corps, un groupe de mercenaires, s’étaient fait remarquer par leur participation à des combats, avant de se retirer précipitamment et de rentrer en Russie. Moscou avait nié quelconque soutien à la structure, éludant la question de la capacité d’un groupe armé à passer les frontières, dans un pays où les milices privées sont en théorie interdite. Dès leur retour en Russie, les dirigeants des Slavonic Corps ont d’ailleurs été emprisonnés.

Côté média russe, personne n’a évoqué ces faits, hormis le site d’information Fontanka, propriété alors et jusqu’en décembre dernier de Bonnier Group, un groupe de presse suédois, qui s’était laissé aller à quelques indiscrétions sur la nature exacte du groupe identifié en Syrie. Depuis, une nouvelle législation interdisant aux entreprises étrangères de posséder plus de 20 % du capital d’un média russe, le groupe Bonnier a revendu 80 % de sa participation à Ajur-Media, un groupe de presse local.

Selon les informations, à l’instar des Slavonic Corps, le groupe ayant agi en Syrie serait un groupe armé « privé » nommé « OSM » et dirigé par un certain « Wagner », lui-même ancien colonel du Pstsnaz (les forces spéciales russes) et ex-membre des Slavonic Corps. Mais là où les premiers s’étaient distingués par un échec flagrant sur le terrain, avec des hommes souvent mal préparés, pas toujours payés, OSM se montre beaucoup plus professionnelle.

Les révélations récentes de Fontanka

Selon les révélations de Fontanka en effet les membres du groupe OSM évoluent en Russie dans des conditions apparemment incompatibles avec la clandestinité. S’entraînant à Molkino, non loin de Krasnodar (Sud de la Russie), ils utilisent notamment, selon les journalistes, des missiles antichars russes Kornet. Un matériel pour le moins cher et « voyant », et donc naturellement très difficile à dissimuler à une autorité souveraine et organisée comme la Russie. Ce matériel nécessite de plus un niveau d’expertise militaire laissant présumer un « encadrement » minimum. Les mercenaires du groupe OSM sont en outre payés 240 000 roubles par mois (2 750 euros soit environ 7 fois le salaire moyen en Russie), avec une garantie de paiement, encore une différence d’avec le groupe précédent.

Même si le journal Fontanka,a déjà publié auparavant un rapport sur ce  sujet en publiant récemment que les membres de cette unité sont retournés en Syrie, ce n’est qu’aujourd’hui que quelqu’un a pu revendiquer avoir des preuves écrites sur les opérations du groupe de M.Wagner.

Fontanka écrit que le journal est prêt à fournir des justificatifs sur les opérations de ces soldats en commencant par leurs entrainements en Russie et puis à Palmyra en Syrie et en Ukraine dans la région de Lugansk .(«Фонтанка» готова их предоставить)

Au centre du groupe se trouve Dmitry Utkin âgé de 46 ans, un lieutenant-colonel qui a effectué son service professionnel au sein du 700ème Détachement Indépendant Spetsnaz Indépendant de la 2ème Brigade Indépendante du GRU (des services secrets militaires) en 2013. Utkin est alors allé travailler pour un groupe de securité privé appelé Moran qui selon Foreign Policy , sa base se trouve à Moscou et il y a une structure de propriété offshore qui nous mène au Belize et les Îles Vierges britanniques!

Utkin est sorti vivant de  la mission désasteuse des Slavonic Corps  en Syrie à la fin de 2013 et il a réapparu dans la région de Lugansk en Ukraine en 2014 (sa photo se trouve sur le site Fontanka). Prétendument tué en Janvier 2016 près de Donetsk , il est en fait – bel et bien vivant. Maintenant, il est soit en Syrie soit dans le camp d’entraînement à Mol’kino.

mol'kino map

Selon Fontanka, la seule preuve écrite de l’existence du groupe  de ChVK Wagner se trouve dans les documents officiels  signés par le Président Vladimir Poutine lui-même.

Wagner et ses combattants  ont remporté  des médailles pour leur courage et leur dévouement, certains même à titre posthume, pour leurs actions tant en Ukraine qu’en Syrie.”Fontanka”, a déclaré que les soldats de Wagner reçoivent des récompenses de la part de l’État russe pour leurs opérations de combat sur le territoire de l’Ukraine et de la Syrie .

Au-delà de révéler le jeu trouble de Moscou en tant que soutien, voire commanditaire, des agissements d’un groupe occulte, cette affaire lève un voile inquiétant sur la stratégie russe. En effet, si les Slavonic Corps, déjà fortement suspectés d’être directement aux ordres du Kremlin, restaient une force peu performante, le groupe OSM, mieux équipé, mieux entraîné et visiblement mieux financé, témoigne de l’implication croissante de la Russie dans les combats au sol. Un facteur qui risque d’accroître l’instabilité sur le terrain, d’autant que le récent échec des négociations de Munich ne laisse pas entrevoir d’issue à court terme.

Fontanka a aussi demandé aux vétérans de l’unité Wagner de faire des remarques sur des photos révélées par Daesh  qui prétendent les avoir trouvées sur le corps d’un de ces mércenaires  tué avec trois d’autres, dans une bataille près de Palmyra ce mois-ci.

En outre, tandis que la mort de seulement six militaires russes en Syrie a été officiellement reconnue, les sources de Fontanka ont  rapporté  des douzaines de pertes dans l’Unité de ChVK Wagner. De “toute la compagnie”  de 93 hommes envoyés en Syrie en septembre l’année dernière, seulement un tiers est retourné sans blessure en décembre dernier, dit un des survivants.

De plus, l’unité n’est pas composé seulement par des Russes. Il y a aussi des mercenaires Serbes et des mercenaires originaires de Bosnie-Herzégovine.

Lisez plus:

The Insane Story of Russian Mercenaries Fighting for the Syrian Regime
La Russie : Entre peurs et défis (Perspectives géopolitiques)

Photo credit:chartophylakeion.de

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