arabie saoudite maroc roi vectorized

Opinion :La nouvelle géopolitique de l’Arabie Saoudite Au Maroc et en Afrique du Nord

Le récent ralliement renforcé entre le Maroc et l’Arabie Saoudite  pose beaucoup de questions sur la stratégie régionale de l’Arabie Saoudite dans la region de Moyen Orient -Afrique du Nord. Ce n’est pas surprenant d’apprendre que tout simplement, en 2016, la monarchie d’Arabie Saoudite aurait versé des millions de dollars à Al-Qaïda dans les années 1990 mais surtout ce serait mettre une lumière sur cette monarchie à la mentalité politique moyenâgeuse qui pense qu’avec l’argent on peut acheter tout le monde pendant qu’elle y impose sa politique sous couvert de bonhommie à l’étranger.

Aujourd’hui, l’Iran fait son retour sur la scène mondiale ce qui rendra plus difficile pour les Saoudiens la manipulation des prix du pétrole.Pour Rfi.fr depuis qu’un accord a été conclu sur le nucléaire iranien, les dirigeants saoudiens ne dorment plus ou presque. Téhéran est devenu à nouveau fréquentable, les sanctions sont levées, et donc, l’Iran bénéficiera à nouveau de ressources financières considérables, qui permettront de renforcer son influence à la fois au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen.

Aujourd’hui avec la chute du pétrole, la force stratégique principale de l’Arabie Saoudite depuis longtemps :les pétrodollars avec lesquels elle fait taire certains occidentaux sur les questions de droit de l’homme en leur achetant des armes et financer des politiciens et des lobbies ne marche plus comme avant et elle essaie est d’avancer sa politique en Egypte et au Maroc , actuellement deux pays dans la sphère d’ influence occidentale. Ces deux pays sont membres aussi de l’Opération Tempête Décisive une coalition créée par la monarchie Saoudienne pour contrer les Houthis au Yemen (Shia Muslims). D’où la nécessité que l’Arabie Saoudite fasse vite pour préserver ses propres intérêts dans ces deux pays avec ses pétrodollars.

operation decisive storm yemen map

  • Ce ralliement récent du Maroc avec l’Arabie Saoudite intervient aussi dans un contexte de tension entre Alger et Riyad à cause du dossier syrien et du Hezbollah

L’Algerie a refusé de suivre l’Arabie Saoudite qui a inscrit le mouvement libanais sur la liste des organisations terroristes(le Hezbollah est un allié de l’Iran chiite, pays rival de l’Arabie saoudite sunnite). Selon RT.com ,l’Algérie a défendu son principe de «non-intervention» militaire hors de ses frontières, dans un message du président Abdelaziz Bouteflika au roi d’Arabie avec qui les relations sont tendues sur le Yémen et le Liban.

Sur un site algérien on apprend que beaucoup d’Algériens proposent de boycotter le Hadj pris en otage par l’Arabie saoudite qui n’arrête pas les gestes inamicaux envers l’Algérie.

L’Algérie qui a refusé de participer à la force militaire arabe et à la coalition sunnite dirigée par l’Arabie Saoudite a été par la suite placée sur la liste noire des pays qui ne luttent pas contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent. En plus ,l’Algérie a refusé de classifier le Hezbollah libanais (soutenu par l’Iran) comme organisation terroriste comme tous les alliés de l’Arabie saoudite et ceci a joué un rôle principalement aux événements qui ont eu lieu la semaine dernière à Riyad :

  • La question du Sahara Occidental
Le Sahara occidental est une ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc, qui l'a annexée en 1975, mais revendiquée par des indépendantistes (le Polisario). Rabat propose une large autonomie sous sa souveraineté pour ce vaste territoire de moins d'un million d'habitants, tandis que le Polisario, soutenu par Alger, réclame un référendum d'autodétermination.

Le Sommet ayant réuni la semaine dernière les six pays du Golfe et le Maroc s’est distingué par le soutien commun du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à la colonisation du Sahara occidental par le Maroc par des attaques contre le secrétaire général de l’ONU Ban Kimoon.Le CCG regroupe les six monarchies arabes de la péninsule: Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar et les Emirats arabes unis.

“Nous soulignons notre soutien à toutes les causes politiques et sécuritaires importantes pour notre pays frère (le Maroc), notamment en ce qui concerne le Sahara occidental”, a déclaré le roi Salmane d’Arabie saoudite à l’ouverture du sommet conjoint entre le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et le Maroc.

Le roi d’Arabie a souligné que le CCG “rejetait catégoriquement toute atteinte aux intérêts du Maroc” sur ce territoire disputé pour lequel le mouvement sahraoui du Front Polisario, soutenu par l’Algérie, demande l’indépendance.
Le roi Mohammed VI du Maroc a de son côté appelé les monarchies du Golfe à protéger son pays de ce qu’il a qualifié de “complots contre son intégrité territoriale”.

Auparavant, le 8 mars de cette année l’Ambassadeur d’Arabie Saoudite au Maroc, Abdelaziz El Khouja a affirmé que Ryad apportait son soutien à « l’intégrité territoriale du Maroc », rapporte le site internet du journal marocain Yabiladi.

À cet effet, des investisseurs saoudiens se rendront « dans les principales villes du Sahara occidental » à la recherche d’investissements, selon les propos de l’ambassadeur marocain.

Un ralliement clair à la position du Maroc, qui entend imposer sa souveraineté sur les territoires occupés du Sahara occidental. Cette annonce fait suite au soutien apporté par Ryad en février dernier réiteré ce mois-ci  au plan d’autonomie marocaine.

Selon le blog Diaspora Saharaoui, Le Maroc, qui occupe le territoire du Sahara occidental depuis une quarantaine d’années et refuse depuis au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination, a radicalisé sa position ces derniers temps en s’en prenant particulièrement au Secrétaire général de l’Onu. Défiant la communauté internationale le Maroc, sans doute avec le soutien tacite de son allié, la France, s’est même permis le luxe d’expulser la composante civile de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un referendum au Sahara occidental (Minurso).

Le roi marocain dans son discours à Riyad, a en effet accusé le secrétaire des Nations unies d’être “l’otage de certains de ses collaborateurs et de ses conseillers, auxquels il délègue la supervision de la gestion de nombre de dossiers importants, en se contentant, lui, d’appliquer les propositions qu’ils lui présentent”. Le roi a également déclaré que Ban Ki-moon avait admis, dans le passé, “ne pas avoir une connaissance complète du dossier du Sahara marocain, comme c’est le cas pour de nombreuses autres affaires”.

L’année dernière selon le journal marocain le360.ma, l’Arabie saoudite qui a souvent apporté un soutien financier au Maroc au passé  pour l’acquisition d’armement auprès des industriels de Défense. Maintenant, la donne a changé et Riyad se dirige vers le financement de la mise en place d’un embryon d’industrie militaire au Maroc.

Selon Sahara-question.com, l’objectif de ses investissements récents serait de rétablir l’équilibre stratégique avec l’Algérie dont les dépenses militaires ont dépassé 13 milliards de dollars en 2015 (+10% par rapport à l’année précédente), en plus des gros contrats signés l’année dernière.

Le chef du Front Polisario et président du Sahara occidental occupé Mohamed Abdelaziz a mis en garde ce mois-ci l’ONU contre le risque de reprise de la guerre avec le Maroc en estimant qu’en cas d’agression marocaine, le peuple sahraoui n’aura pas d’autres choix que de se défendre par les armes.

  • L’ennemi de mon ennemi est mon ami“?

Sans tenir compte des conséquences négatives du « printemps arabe » sur leurs relations, les pays du Golfe et Israël partagent un intérêt certain à les resserrer pour affaiblir l’influence des forces radicales de la région – le régime de Bachar el-Assad, l’Iran –, indépendamment même des progrès du processus de paix. Un ensemble de pays réunis par une même analyse stratégique pourrait servir de contrepoids à l’influence négative de Téhéran.

Notamment le retour de l’Iran, ennemi juré des monarchies sunnites des pays du Golfe, dans le concert des Nations suite à un changement des priorités à la Maison Blanche que d’aucun ont vu comme un coup de poignard dans le dos.

Ce revirement de situation au Moyen-Orient qui a coïncidé avec la chute des cours de pétrole a totalement mis en disordre toutes les cartes du processus de paix pour le Moyen Orient. Face à la menace chiite, la Palestine, jadis sujet central des préoccupations de la politique extérieure des Etas arabes, est passé au second plan des priorités de ces pays (du Golfe et alliés) si bien que l’ennemi d’hier est devenu l’allié d’aujourd’hui.

Les télégrammes éclairaient également les liens existant entre ces pays et Israël dans ce contexte iranien : par exemple la coopération en matière de renseignement entre Israël et Bahreïn ou les EAU que WikiLeaks décrit comme ” secrète et continue”:

Un exemple du rapprochement entre l’Israël et les Pays du Golfe est ce grand amour de circonstance le roi du Bahreïn Hamad Ben Issa Al-Khalifa qui a reçu un rabbin très célébré dans son palais, lundi 7 décembre 2015, la fête juive de Hanouka.

Ce qui est sûr et certain ce sont de longues discussions secrètes entre Israël et Riyad dont le point d’orgue fut été interview où le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré que les relations entre son pays et le royaume saoudien sont « excellentes ».

Cette coalition opère au Yemen pas seulement afin de  rétablir l’autorité de Hadi, «  président légitime  » du pays , mais aussi de briser les houthistes dans leur élan afin de saper la capacité de nuisance de l’Iran au Yémen.

  • Un partenariat économique, politique et militaire entre le Maroc et l’Arabie Saoudite

Les échanges commerciaux entre les deux pays ne cessent d’évoluer d’une année à l’autre, une progression alimentée principalement par la hausse des importations de l’Arabie Saoudite.

La balance commerciale entre le Maroc et l’Arabie Saoudite s’est affichée déficitaire à fin 2014 au détriment du royaume du Maroc, avec un solde commercial estimé à 20,16 milliards de dirhams (MMDH), selon les chiffres de l’Office des changes.

La bonne entente qui caractérise les relations entre les deux royaumes est tout d’abord soutenue par la fraternité qui existe entre les deux familles régnantes. En témoigne, la proximité du roi Mohammed VI et de feu le roi Abdallah qui passait régulièrement des séjours au Maroc dans l’une de ses nombreuses résidences à Agadir et Casablanca.  L’Arabie Saoudite a de plus toujours affiché son soutien au Maroc en ce qui concerne le dossier du Sahara et le plan marocain d’autonomie. Bien que le soutien affiché des Saoudiens à la position marocaine fasse grincer des dents Alger, le royaume des Saoud a également en de maintes occasions tenté de rétablir les relations entre le Maroc et L’Algérie et de concilier, sans succès, les positions des deux pays sur le problème du Sahara.

Le Maroc a également pu compter sur l’appui de l’Arabie Saoudite lors de sa candidature au poste de membre non-permanent (mandat de 2 ans) du Conseil de Sécurité de l’ONU pour la période 2012-2013. Un soutien que le Maroc a retourné pour la candidature de L’Arabie Saoudite à ce même conseil pour la période 2014-2015. Allié de toujours du Maroc, l’Arabie Saoudite aide également le royaume à renforcer ses capacités militaires comme en témoigne les aides octroyées pour acquérir des armes de dernières générations. L’acquisition récente des avions de chasses F-16 par les Forces Royales Airs a été possible notamment grâce à une aide financière saoudienne. Il existe aussi une coopération sécuritaire entre les deux pays. le Maroc contribue à préserver la paix et la stabilité dans le territoire saoudien notamment en déployant ses militaires dans la région comme lors de la guerre du Golfe en 1990 ou plus récemment pour surveiller la frontière irakienne contre d’éventuelles incursions de Da’ech.

Un axe Russie-Maroc -Arabie Saoudite?

Le président russe Vladimir Poutine a apporté le 15 Mars 2016, son soutien au roi du Maroc Mohamed VI sur le dossier épineux du Sahara occidental: “La Russie prend dûment compte de la position du Maroc concernant le règlement de ce problème”, est-il écrit dans une déclaration commune des dirigeants des deux pays à l’issue de leur rencontre au Kremlin.

“La Russie et le Maroc ne soutiennent aucune tentative d’accélérer ou de précipiter la poursuite du processus politique”, affirment également les deux chefs d’Etat dans leur déclaration commune, en référence aux résolutions du Conseil de sécurité. Pourtant la Russie reste un allié de l’Iran et du président Assad un Syrie; un fait qui ne facilite pas l’Arabie Saoudite dans ce contexte actuellement. D’ailleurs le sommet de Doha sur les prix du pétrole a fait sortir toutes ces nuisances géopolitiques de ce coin du monde et ça sera difficile de coopérer pour trouver un accord sur les prix du pétrole.

middle east and north africa map

A Lire également:

Advertisements

Thank you for your contribution

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s