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Le nouveau puzzle géopolitique turc au Proche et Moyen Orient

La république turque d’aujourd’hui vit un véritable cauchemar à cause de l’autoritarisme du “Sultan” Erdogan qu’on pourrait caractériser comme quelqu’un de mégalomane, plutôt déséquilibré pour sa politique et profondément contre-productif pour son pays. Mais depuis quelques jours de crainte que son pays reste isolé au Proche-Moyen Orient et en trouvant comme excuse qu’il a limogé son Premier Ministre, on l’a vu obligé de changer sa position aggresive envers la Russie, l’Israël et on attend sous peu un nouveau accord avec l’Egypt ou encore avec le régime d’Assad en Syrie!

Pendant la semaine dernière, le nouveau Premier ministre turc Binali Yıldırım a bel et bien envoyé des messages de réconciliation aux quatre pays proches de la frontière turque avec lesquels la Turquie a connu (ou crée) des problèmes, déclarant qu’il ne peut y avoir aucune inimitié durable entre les pays de la mer Noire et de la Méditerranée.

Tout cela ne se fait pas sans raison dans la tête du Sultan! La plus grande peur de M. Erdogan est qu’un pays nommé Kurdistan se crée aux frontières turques entre la Syrie et l’Irak.

Et cela change tout!

Pourtant le nouveau attentat à l’aéroport Atatürk d’Istanbul montre bien que Erdogan ne peut pas échapper de son passé ,comme personne d’ailleurs, et l’ambiguïté qu’il a montrée quant à la poussée de l’Etat Islamique en Syrie. Pour rappel, la frontière turque restait longtemps ouverte pour tous les gens qui voulaient partir en Syrie et lutter contre le regime d’Assad et voilà les résultats auxquels nous sommes continuellement exposés.

Toutefois, ce serait une erreur d’en conclure que le Sultan Erdogan est redevenu soudainement un parfait démocrate, un “ami d’Israël” et de la Russie ou même que son parti islamiste “l’AKP” au pouvoir renoncerait tout à coup à ses ambitions néo-ottomanes et islamistes. En réalité, il s’agit d’un retour à une diplomatie multipolaire imposée par “l’Etat profond” turc avec lequel Erdogan compose depuis des mois pour asseoir son pouvoir autoritaire “national-islamiste” selon Atlantico.fr.

Concernant le soutien d’Ankara aux islamistes jihadistes sunnites syriens, s’il est vrai que l’arrêt de l”aide à l’Etat islamique, fin 2015, a contribué à retourner les jihadistes kamikazes de Da’ech contre leur ancien parrain turc, ce qui explique en partie les attentats de mardi dernier dans l’aéroport d’Istanbul, il n’en demeure pas moins que la Turquie continue de considérer les Kurdes (Turcs ou Syriens) indépendantistes (PKK) comme son pire ennemi, et que les groupes jihadistes anti-Assad, y compris ceux liés à Al-Qaïda (Al-Nosra; Ahrar al-Cham, Jaich al-Islam, etc), demeurent des alliés tactiques pour Ankara face aux deux ennemis géopolitiques et idéologiques majeurs que sont les baathistes alaouites de Bachar et les séparatistes kurdes.

Ces derniers ont d’ailleurs proclamé leur Etat autonome dans le Nord de la Syrie sous le nom de Rojava, dangereux précèdent pour Ankara qui redoute une contagion indépendantiste en zone kurde de Turquie, où le PKK mène une guérilla en lien avec les “frères kurdes” de Syrie (PYD, etc).

  • Contre un Kurdistan autonome

La détermination de la Turquie pour empêcher la création d’une région autonome kurde dans le nord de la Syrie émergente après toutes leurs victoires contre Daech, pourrait assouplir les demandes de sortie immédiate du président Bachar al-Assad en Turquie, car le pays révise sa politique étrangère faite pendant l’ère Davutoglu, qui l’a laissée plus isolé que influent.

De ce point de vue, les exigences des Occidentaux, qui voudraient voir la Turquie favoriser l’envoi de combattants du PKK turc pour aider leurs frères du PYD kurde en Syrie ou des Forces démocratiques syriennes arabo-kurdes, sont inacceptables aux yeux d’Ankara qui refuse pour cette raison d’aider ces Forces pro-kurdes qui se battent pourtant efficacement dans le Nord de la Syrie avec l’appui de la Coalition militaire anti-Daech et des Etats-Unis.

Cela signifie que bien qu’Erdogan et le nouveau Premier Ministre M. Yildirim aient souhaité se rapprocher avec la Russie dans le cadre de la stratégie multipolaire commune et des intérêts économiques, les pommes de discordes demeurent majeures : en Crimée, où la Turquie dénonce l’annexion russe au nom du soutien des Tatars turcophones ; en Syrie, autour de la question du maintien de Assad au pouvoir puis des délégations de rebelles (Moscou soutient les opposants syriens modérés et laïques et Ankara soutient la délégation dite “de Ryad” composée d’islamistes et de jihadistes pro-Al-Qaïda, etc).

Une position plus souple sur le regime d’Assad pourrait en théorie aider à harmoniser les relations avec la Russie, qui ont été mises à rude épreuve depuis que la Turquie a abattu un avion de chasse russe près de la frontière syrienne en Novembre dernier. Cet épisode a coûté des milliards de dollars en Turquie à cause des sanctions russes qui visaient le tourisme et le commerce entre les deux pays par la suite.

  • Israël- Egypte-Palestine- Iran

La nouvelle stratégie entre dans l’accord fait entre l’Arabie Saoudite et l’Egypte et plus généralement entre l’Arabie Saoudite, la Turquie ,les pays du Golfe ou encore du Maghreb qui vise à tracer une ligne (axe) sunnite afin de réduire l’influence de l’Iran shiite dans la région. Derrière se jouent les intérêts de l’Arabie Saoudite qui finance plusieurs projets dans le monde afin de réussir son influence de l’Islam Wahhabite.

Les accord entre l’Israël et la Turquie et Turquie -Egypte consisteront probablement à isoler Hamas ou les Frères musulmans à opèrer à partir de la Turquie.

Sur le fond de ces accords il y a toujours la question énergétique et la construction des pipelines( gazoduc) qui vont transiter le gaz Israëlien et Egyptien via la Turquie pour sa consommation domestique et par là via l’assistance turque en exporter en Europe.

Ces nouveaux accords ne changent rien en ce qui concerne le blocus de la bande de Gaza.

Ce n’est sûrement pas la première fois qu’Erdogan ou la Turquie utilise la question Palestinienne à des fins commerciales avec Israël .

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