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Turkey : Une prison d’horreur sans fin (Opinion)

Écrit par M. Costas Mavrides

Député Européen chypriote ,(S&D) –costas.mavrides@europarl.europa.eu

Suite au coup d’Etat et même sans qu’il y ait un changement de  la constitution,  la Turquie est gouvernée par  des décrets présidentiels sous le couvert d’état d’urgence, où le néo-sultan Erdogan décide et dicte sa loi dans un pays qui ressemble plutôt à une immense prison.  Le Ministère de la Justice en Turquie (bien-sûr qu’en réalité cette “Justice” sera encore pire)  enregistre un effort de liquidation massive sans fin en cours. Dès le lendemain du coup d’état,  32000 personnes ont été arrêtées, 70000 personnes se sont vus ciblées des accusations de la part du régime, des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été licenciés notamment au secteur du pouvoir judiciaire et dans les divers rangs de la sécurité du pays. Dans les écoles et les universités la liquidation des personnes concernées était bien ciblée. Dans les provinces kurdes 13.000 professeurs et enseignants ont été licenciés sur le soupçon d’être associés à des organisations terroristes.

Avec la  même suspiçion et voire, notamment par décret presidentiel,  des dizaines de chaînes de télévision et des journaux ont été fermés. Certains stations radio et des journaux, jusqu’à très récemment connus comme faisant partie de l’opposition turque, du jour au lendemain sont devenus d’ardents partisans du pouvoir, vu que des acolytes politiques du président turc administrent toute la presse. Les journalistes et les universitaires qui ont osé protester contre la purge  en signant une petition, qui s’est étendue aux médias et aux journalistes, sont poursuivis par la justice turque. L’autre jour, 13000 policiers ont été suspendus en même temps que des nouvelles purges massives  ont été annoncées.Tous ceux-ci sont remplacés par des acolytes du régime qui gouverne par des décrets signés par le  néo-sultan,  en emprisonnant  des personnes sans même qu’on leur dise de quoi elles sont accusées.

Une caractéristique qui indique l’hystérie qui a lieu en ce moment en Turquie, est que Erdogan s’est attaqué même … aux Schtroumpfs et a accusé les agences de notation internationales comme  des collaborateurs des Putschistes  puisqu’ils abaissent la note de la Turquie en catégorie spéculative (« junk »). 

Récemment, Selahattin Demirtaş, (co-président du Parti démocratique des peuples (HDP) et président du groupe parlementaire de ce parti à la Grande assemblée nationale de Turquie ) à l’abri des regards, était à Bruxelles. Deux mots seulement peuvent résumer parfaitement la situation actuelle en Turquie : la prison et la peur. N’importe qui, autant calme qu’il puisse l’être, il (ou elle) peut se trouver comme une cible dans la ligne de mire. Par exemple, des familles à qui leurs enfants ont été scolarisées dans des écoles financées pu ayant  emprunté de l’argent par le réseau de l’imam Fethullah Gülen, sont suspectés de …terrorisme et beaucoup cherchent à fuir le pays. Après tout, la raison principale pour laquelle Erdogan fait sans cesse chanter l’Union Européenne  en vue de suspension du  régime de visas pour l’espace Schengen aux citoyens turcs, n’est surtout pas son envie de voir les citoyens turcs partir jusqu’à 3 mois en Europe pour des vacances . La suspension de visas servira comme un  «aller simple» pour des expulsions ou exodes visant principalement la communauté  Kurde et d’ autres dissidents, qui chercheront un asile, fuyant l’oppression.

Au sein de l’Union Européenne, mais malheuresement même dans la classe politique chypriote, prédomine une approche plutôt molle à propos de cette situation. Alors que des hauts fonctionnaires européens visitent en toute sécurité et souvent le pays, un petit groupe de députés européenes qui demandons une visite dans la région Sud-Est de la Turquie, on nous l’interdit indirectement en nous déclarant que “l’Etat turc ne peut pas garantir  notre sécurité.” Les responsables européens qui se montrent très soucieux en ce qui concerne la  violation des droits de l’homme ailleurs,  en Turquie ils se limitent de faire en sorte que le droit à un procès équitable de la part de l’accusé est assuré pendant que les purges massives ont lieu!

En effet, ces “procès dits equitables” ont lieu au sein d’un régime étatique neo-ottoman quand la moitié de la justice turque est suspendue et l’autre moitie vit sous la terreur…Il semble que la démocratie en Turquie est bien terminée. Un régime démocratique a un majeur dispositif  de sécurité qui est l’indépendance du pouvoir judiciaire, qui n’a jamais vraiment existé en Turquie, mais l’hystérie qui prévaut aujourd’hui ne fait qu’emprisonner  et opprimer toute personne  travaillant pour la justice.

Curieusement, les prétendus “progressistes” de Chypre, restent muets sur cette politique d’Erdogan au même moment que des organisations des droits de l’homme (par exemple, Human Rights Watch) soulignent que des atteintes flagrantes aux droits de l’homme avaient lieu. A Chypre, des festivals où on mange des beignets et les enfants qui jouent aux ballons, des pièces des théâtres et des rallyes automobiles, sont représentés comme des événements  anti-occupation «progressistes» de droite/gauche accompagnés par la présence  de l’ambassadeur des États-Unis et d’autres! Surtout en ce qui concerne le rallye automobile, dont la traversée passe cette année aussi par une partie de la capitale qui est sous occupation turque depuis 1974, les autorités compétentes ont parlé de victoire politique  le fait de coopérer à nouveau  avec “la police turque”! Au-délà du fait de la violation du principe de légalité, l’aveu général de cette situation est sans précédent.  À l’heure actuelle,tandis que la chasse aux sorcières par Erdogan est répandue également dans la partie Nord de Chypre occupée et soumise aux forces turques, la coopération avec “la police turque” est considérée comme une victoire des mouvements qui luttent contre l’occupation turque du Nord du pays.

*Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues d’Eyes of Europe and the Middle East surtout dans le dernier paragraphe. Traduit avec l’accord du député.

Traduction: Eyes of Europe and The Middle East, Photo credit@ Costas Mavrides

 

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