serbie kosovo

Le problème kosovar, l’exode des Kosovars et la diabolisation simpliste de la Serbie par le Ouest

  • La présente situation de la population kosovare.

Les tensions restent toujours très fortes entre la Serbie et le Kosovo.Ce dernier n’est que le fruit d’une paix des forces impérialistes qui veulent contrôler cette région pour des intérêts géopolitiques et autres. Pour des observateurs selon Euronews, la crise n’a jamais été aussi tendue depuis la normalisation des relations entre les deux pays. Cette situation inquiète l’Union européenne qui a invité ce mardi à Bruxelles les dirigeants des deux États. L’objectif est de maintenir le dialogue et « que cet engagement se poursuive ainsi que la mise en œuvre des accords qui ont été conclus », précise la porte-parole de la diplomatie européenne, Maja Kocijancic.

“La situation au Kosovo est catastrophique pour tous les peuples qui y habitent. En effet depuis 1999 plus de 200 000 Serbes et Roms ont fui le Kosovo, leurs biens ont été confisqués par les Albanais et ne leur sont restitués qu’après de très longs parcours juridiques que peu osent initier. Plus de 1 000 Serbes, Roms et autre minorités ont été assassinés et 1 500 autres sont toujours portés disparus. Alors que 150 églises serbes ont été détruites, 400 mosquées ont été construites sur ce petit territoire de 11 000 km2. Ces mosquées sont financées essentiellement par de l’argent wahhabite et, du reste, le Kosovo représente avec l’Albanie et la Bosnie Herzégovine les régions d’Europe qui fournissent le plus de jihadistes par tête d’habitant aux rangs de l’Etat islamique. Les Serbes qui survivent au Kosovo sont cantonnés dans des enclaves où ils subissent encore des attaques comme récemment à Kline, à Djakovica, Pasijane ou Prizren.” Stratpol.com

Le Kosovo, majoritairement peuplé d’albanophones, est “indépendant” depuis 2008. Mais une forte communauté serbe vit dans le nord du pays. La Serbie, avec le soutien de la Russie, refuse cependant de reconnaître le Kosovo. Le ministre russe des Affaires étrangères renvoie d’ailleurs l’Union européenne à ses responsabilités. «  L’Union européenne doit favoriser la désescalade de la situation. Ils ont tout d’abord indiqué que la liberté de mouvement des populations ne devrait pas être restreinte et ensuite que les forces albanaises ne devraient pas être présentes dans le Nord du Kosovo », précise Sergueï Lavrov.

SERBIE CARTE KOSOVO
Serbie Carte Kosovo Wikipedia

Economie: la Banque mondiale a prédit que la croissance économique au Kosovo pour 2016 serait de 3,6 %, ce qui représente un niveau inférieur par rapport à 2015. Mais le même rapport prévoit une augmentation de 3,7 % en 2018. En 2016, le taux de chômage au Kosovo, selon les chiffres officiels, atteint 32,9 %, mais selon les représentants syndicaux, il serait supérieur à 45 %.

C’est l’envoi d’un train de voyageurs à destination du Kosovo qui a ravivé les tensions. Les wagons, décorés aux couleurs serbes, avaient pour inscription “le Kosovo c’est la Serbie”. Le convoi n’a finalement jamais passé la frontière.

Au Kosovo, à Pristina, selon Courrier International, il ne faut pas avoir une connaissance approfondie de la langue albanaise pour comprendre que Bulevardi Xhorxh Bush est ainsi nommé en hommage à l’ancien président américain, George Bush, qui a œuvré en faveur de l’indépendance du Kosovo. Une autre artère de la ville, Bulevardi Bill Klinton, consacre Bill Clinton comme l’homme politique le plus apprécié des Kosovars. En effet, Clinton a aussi un monument à Pristina, haut de 3 mètres, inauguré en 2009 par l’ancien président américain en personne.

“L’adoration de la famille Clinton touche aussi sa femme, Hillary”, note le site croate Telegram. À quelques mètres du monument de Bill se trouve une boutique de vêtements pour femmes qui porte le nom de Hillary.

  • L’islamisation et le ciblage des chrétiens et leurs lieux de culte

Voici ce qu’écrivait dans son éditorial, le 18 novembre 1999, le quotidien Le Monde :

« Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Kosovo, Jjiri Dienstbier, ancien ministre tchèque des affaires étrangères, dresse un état des lieux sinistre. Dans ce no man’s land juridique qu’est le Kosovo – administré par les Nations Unies mais faisant toujours formellement partie de la Serbie -, les minorités sont  martyrisées. Il  s’agit essentiellement de 70 000 Serbes- sur plus de 200 000 avant l’entrée des troupes de l’OTAN en juin- de Tziganes (des Roms) et de Goranis, (musulmans slaves). Les uns et les autres sont obligés de  vivre dans des enclaves sous la protection des troupes de la force des Nations Unies (la KFOR). Ils sont l’objet de la haine de groupes appartenant à la majorité albanaise de la province et plus ou moins incontrôlés. Du 15 juin au 1er août 1999, on comptait de trente à quarante assassinats de Serbes par semaine. Rendu à la mi-novembre, le rapport de l’ONU affirme que l’ONU n’a pas su mettre en place une administration civile…. » (2)

Où était « l’Europe des droits de l’homme et de la fraternité » proclamée par Bernard Kouchner pendant ces semaines tragiques pour les Serbes et autres minorités du Kosovo ? Il y a eu faillite complète et plus grave, non-assistance à personnes en danger, de la part des autorités onusiennes, et de leur représentant Kouchner sur place.

« En 2004, les Albanais déclenchent une vague de violence sans réaction appropriée, là encore, des forces de paix : elle se soldera par un bilan effarant : une  dizaine de milliers de personnes chassées de leur domicile, une quinzaine de villes et villages ethniquement purifiés, 1000 maisons détruites, une vingtaine d’établissements publics mis à bas, 35 lieux de culte majeurs anéantis. A Devic, les militaires danois évacuent de force les moniales tandis que les émeutiers incendient le couvent. Les militaires assistent impuissants à ce déchaînement de haine. La responsabilité, au manque d’ordres d’en haut. Le résultat, un immense pogrom impuni. La faute, irrémédiable, indélébile »

En juin 2015 Le Monde diplomatique , sous le titre «  Faillite de la mission européenne au Kosovo » brossait un tableau très sombre. Des crimes impunis, déficit extérieur et chômage croissants poussant quelques 100 000 jeunes Kosovars à rejoindre l’UE. « Sept ans après la proclamation de l’indépendance et la mise sous tutelle du Kosovo par l’Union Européenne, c’est la débâcle » affirme M. Andrea Capussela, qui fut, jusqu’en avril 2011, directeur des affaires économiques du Bureau civil international (International Civilian Office, ICO), l’une des principales missions déployées au Kosovo, « La situation est pire qu’avant l’arrivée de la mission européenne ».

En Novembre dernier,la police kosovare a annoncé l’arrestation de 19 personnes soupçonnées d’appartenir à l’État islamique (EI) et de préparer des attentats au Kosovo et en Albanie. La semaine dernière, sept jihadistes kosovars ont été condamnés à des peines allant de 2 ans et demi à 4 ans et demi de réclusion, pour recrutement et participation à la guerre en Syrie, a-t-on indiqué de source judiciaire.

L’un d’entre eux a été reconnu coupable d’avoir recruté des jihadistes au Kosovo et les six autres d’avoir combattu en Syrie, lit-on dans le communiqué d’un tribunal de Pristina. L’identité des condamnés et leur âge n’ont pas été précisés.Le Kosovo, n’a pas connu d’attentats islamistes, mais 200 personnes y ont été interpellées ou font l’objet d’enquêtes policières pour leurs liens présumés avec l’EI. Environ 300 Kosovars combattent dans les rangs du mouvement en Syrie et en Irak.

Au total, depuis juin 1999, un peu plus de 150 lieux de culte pour les chrétiens ont été pillés, incendiés, profanés ou vandalisés. Des moines et des moniales serbes s’accrochent pourtant au Kosovo, considéré comme la terre sacrée de l’orthodoxie serbe. L’année dernière, un groupe d’étudiants en mathématiques et sciences naturelles de l’Université Hasan Pristina, a fait parvenir un courrier à un média local de Pristina pour exiger que l’église du Christ-Sauveur,en construction depuis les années 1990 et qui se trouve désormais sur le campus de l’Université, soit détruite ou affectée à une autre destination comme une « bibliothèque », précisent-ils. Il est troublant que les autorités de la République autoproclamée du Kosovo n’aient point doté cette Université fondée en 2004, d’une bibliothèque…

Dans l’espoir de déjouer la tentative de la République auto-proclamée du Kosovo de devenir membre de l’UNESCO, des militants serbes ont créé une page sur le réseau Instagram appelé « Non à l’adhésion du Kosovo à l’UNESCO ». Ils ont publié là des photos de nombreux lieux de culte chrétiens orthodoxes, monastères, églises et cimetières, y compris ceux qui ont été démolies après que les musulmans d’origine albanaise aient obtenu leur « indépendance » de facto avec l’aide d’une campagne meurtrière de bombardements de l’OTAN et l’approbation de l’Union européenne.

  • L’histoire autour du conflit et l’intervention de l’OTAN

Le Kosovo a été, tout au long du XXe siècle, un foyer de tensions et de violence entre la population de souche albanaise de ce territoire et les Serbes. Le Kosovo était depuis longtemps une “province autonome” de la république de Serbie, faisant partie à l’origine de la Yougoslavie communiste. Sa population était divisée en une majorité ethniquement albanaise et une relativement petite minorité serbe, qui représentait 10 à 15 % de l’ensemble. Le conflit ethnique entre ces deux groupes a peu à peu déstabilisé la province. En 1989, la République de Serbie a mis fin au statut autonome du Kosovo et y a établi une loi martiale de fait. Un système de forte répression a été imposé qui opprimait les Albanais de la province et favorisait les Serbes.

L’origine des atrocités qui suscitèrent l’intervention des forces armées de l’OTAN, le 24 mars 1999, remonte au début des années 90. Pour faire face aux velléités indépendantistes des Albanais, les autorités de Belgrade eurent recours à la force, tout en mettant fin au statut d’autonomie dont le Kosovo jouissait depuis 1974 au sein de la République fédérale de Yougoslavie. La proclamation unilatérale de la République du Kosovo par les insurgés, en 1991, et le début des opérations militaires de l’Armée de Libération du Kosovo (UCK) en 1996 ne faisant qu’exacerber la colère des Serbes, leurs réactions furent sans merci et entraînèrent une nouvelle flambée de violence.

Il est sans doute vrai que les Serbes ont une vilaine histoire de violence et d’oppression du groupe ethnique albanais, et que Milosevic en est en grande partie responsable. Les accusations dans ce domaine sont pour la plupart fondées, et peu de documents ont émergé pour réfuter cette image.

Le problème est que les groupes politiques soutenus dans la guerre par les Etats-Unis n’étaient pas meilleurs. Alors que certains d’entre eux s’étaient montrés relativement décents et non-violents dans les premières phases du conflit, l’ensemble qui a bénéficié du soutien américain direct – le même que celui qui a formé plus tard le gouvernement du Kosovo indépendant – était l’UCK. L’UCK avait une histoire de cruauté et de violence qui valait largement celle des forces de Milosevic. Attaquer les civils serbes par des attentats terroristes a toujours été un élément central de sa stratégie militaire.

Il a longtemps été admis que, pendant tout le conflit, c’étaient les Serbes qui avaient perpétré le plus de violences. En fait, il y a eu de longues périodes pendant lesquelles les Albanais étaient les principaux criminels. Ce fait a été noté par le ministre britannique de la Défense George Robertson durant les auditions parlementaires après la fin de la guerre. Lord Robertson a déclaré que jusqu’en janvier 1999, “l’UCK était responsable de plus de morts au Kosovo que les autorités yougoslaves.”

Au cours des phases ultérieures de la guerre, ce sont les Serbes qui ont été les principaux responsables de violences. A partir de janvier 1999, il y a eu un accroissement substantiel d’attaques serbes, avec un vilain massacre dans le village albanais de Racak et d’autres exactions durant les dernières semaines de cette première phase de la guerre. Et les atrocités serbes se sont grandement multipliées pendant le bombardement de l’OTAN, une escalade qui a produit d’horribles résultats.

L’été de 1999 a été une saison de vengeances et de pillages à l’état pur. L’OSCE a ressemblé des douzaines d’histoires horribles. Un Rom sourd-muet a été kidnappé parce que sa famille avait soi-disant coopéré avec les ex-autorités serbes. Un Serbe de 44 ans “a été battu à mort avec des barres de métal par une bande d’Albanais”. Des Serbes ont été tués alors qu’ils travaillaient dans leurs champs. Ces agressions et des douzaines d’autres ont été rapportées par le personnel travaillant avec l’OSCE sur le terrain. Elles ont toutes eu lieu pendant que les pacificateurs de l’OTAN étaient responsables de la sécurité au Kosovo.

De 400 à 700 Serbes ont été assassinés au cours des huit premiers mois suivant la victoire de l’OTAN, selon des estimations publiées dans le London Sunday Times. Les morts comprenaient des Serbes et des Roms. A cause de ces attaques – que les forces de l‘OTAN n’ont pas fait grand’chose pour arrêter – un quart de million de Serbes, de Roms et de membres d’autres groupes ethniques détestés ont fui le Kosovo. Le but de longue date des Albanais – un Kosovo ethniquement “pur”, débarrassé des Serbes – a été largement atteint.

Depuis juin 1999, l’OTAN dirige une opération de soutien de la paix au Kosovo (KFOR), à l’appui d’initiatives internationales plus larges visant, selon le site officiel, “à consolider la paix et la stabilité dans la région.”

  •   “L’intervention d’humanité” est contraire à la Charte des Nations Unies  

Les ultimatums de l’OTAN et les frappes aériennes menées par les États membres de cette organisation sont en contradiction avec les engagements pris par ces derniers lors de leur adhésion à la Charte des Nations Unies. Conformément à l’article 2, alinéa 4 de la Charte, les États sont en effet tenus de s’abstenir ” dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’empl oi de la force ” .

D’après l’article 51 de la Charte, cette interdiction ne porte toutefois pas atteinte au ” droit naturel de légitime défense individuelle ou collective dans le cas où un membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée ” . L’article 42 prévoit une seconde exception à cette règle, dans la mesure où le Conseil de Sécurité peut recourir à la force ou autoriser un tel recours pour maintenir ou rétablir la paix, les mesures nécessaires à cette fin pouvant être prises, selon l’appréciation du Conseil, par tous les membres de l’organisation ou par certains d’entre eux.

Depuis, l’Assemblée générale des Nations Unies a eu l’occasion, à plusieurs reprises, d’adopter des Déclarations qui mettent en exergue le principe contenu dans l’article 2, alinéa 4 de la Charte. Telle est la ” Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies ” . Selon cette Déclaration, ” aucun État membre ou groupe d’États n’a le droit d’intervenir directement ou indirectement, pour quelque raison que ce soit, dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre État. En conséquence, non seulement l’intervention armée, mais aussi toute autre forme d’ingérence ” sont contraires au droit international.

Dans l’arrêt qu’elle a rendu, en 1986, à l’occasion du différend opposant le Nicaragua aux États-Unis, la Cour internationale de Justice insistait sur l’importance de telles Déclarations. Pour la Cour, ” l’effet de consentement au texte de telles résolutions ne peut être interprété comme celui d’un simple rappel ou d’une simple spécification de l’engagement conventionnel pris dans la Charte ” , mais ” il peut au contraire s’interpréter comme une adhésion à la va leur de la règle ou de la série des règles énoncées par la résolution et prises en elles-mêmes ” .

De même, le Protocole II additionnel aux Conventions de Genève de 1949, qui vise précisément des situations telles que celles qui ont prévalu au Kosovo, insiste sur le principe de non-intervention. Il y est en effet précisé qu’aucune disposition de ce Protocole ” ne sera invoquée en vue de porter atteinte à la souveraineté d’un État ou à la responsabilité du gouvernement de maintenir ou de rétablir l’ordre public(…) ” .

Ainsi, la Charte des Nations Unies et le droit international positif ne semblent pas prévoir spécifiquement le droit d’intervention d’humanité comme une exception à la règle du non-recours à la force. La majorité de la doctrine s’est prononcée dans ce sens.

Néanmoins, dans la mesure, par deux fois, où le Conseil de sécurité, dans le cadre des résolutions 1199 et 1203, souligne la ” nécessité de prévenir ” la catastrophe humanitaire au Kosovo, on est en droit de se demander si cet appel n’équivaut pas à une invitation à recourir à la force. Cette question est d’autant plus pertinente que la formule utilisée par le Conseil de sécurité est identique à celle qui figure à l’article premier de la Convention du 9 décembre 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide. Conformément à cette Convention, les États contractants s’engagent à ” prévenir ” ce crime. C’est justement pour éviter une telle situation que les États membres de l’OTAN se seraient vus obligés de recourir à la force.

Il est vrai que le caractère génocidaire de la politique de purification ethnique pratiquée par les Serbes au Kosovo ne fait guère de doute. Une telle affirmation est d’ailleurs fondée sur la jurisprudence du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, dont la compétence s’étend a ux crimes commis au Kosovo. Pour ce Tribunal, les déportations massives ainsi que des conditions d’existence imposées à une population civile susceptibles d’entraîner sa destruction physique partielle ou totale ” peuvent être interprétées comme le premier pas dans un processus d’élimination ” . Une telle qualification ne peut pour autant justifier le recours à la force.

Sources:

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