Comment toutes les conditions sont réunies pour que Marine Le Pen gagne

Selon les sondages et les diverses analyses on nous avait dit que le Brexit était impossible, tout comme l’élection de Donald Trump. Depuis plusieurs semaines avant l’élection américaine, la victoire d’Hillary Clinton semblait pliée : les sondages et les analyses faites par des “experts” nous disaient que le comportement sexiste de Donald Trump a coupé le candidat de son parti tandis que les sondages s’annonçaient sous les meilleurs auspices pour Hillary Clinton. 

Aujourd’hui, on nous assure que Marine Le Pen ne peut pas devenir la présidente de la France. Or, plusieurs facteurs rendent sa victoire possible, même si ce scénario semble malgré tout peu probable, du moins selon les sondages et les “experts”.

A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, les enquêtes d’opinion se ressemblent. Emmanuel Macron et Marine Le Pen tiennent le duo de tête et distancent de plusieurs points François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. Mais certains à droite défendent la thèse du « vote caché », selon laquelle une partie des électeurs n’avouent pas aujourd’hui voter pour le candidat LR (parti politique de Nicolas Sarkozy), abîmé par les affaires, mais finiront par le faire. En ces temps incertains où la pratique des sondages d’opinion a montré ses limites à plusieurs reprises, on s’interroge sur la possibilité d’un «vote caché» en faveur de François Fillon.

Néanmoins, à notre avis, il y a des fortes chances que  ce “vote caché” bénéficierait plutôt à un autre candidat: Marine Le Pen.

  • Pourquoi Marine le Pen peut gagner:

Par exemple, tous les récents sondages  prévoient que le second tour de l’élection présidentielle du 7 mai sera un duel entre le candidat indépendant de centre gauche, Emmanuel Macron, et la présidente du Front national, Marine Le Pen. Et ainsi ces firmes de sondage affirment qu’Emmanuel Macron remportera haut la main ce duel en récoltant de 63 à 64% des voix (de 37 à 36% pour la présidente du FN).

La non qualification de François Fillon pour le second tour représenterait un phénomène inédit dans la Ve République –la droite a toujours été présente au second tour de la présidentielle depuis 1965 et les néogaullistes l’ont été sept fois sur neuf– et un “choc” d’autant plus grand pour le “peuple de droite” que celui-ci paraissait être le grand favori de ce scrutin après sa large victoire lors de la primaire des Républicains. Dans un tel contexte, de nombreux électeurs de droite pourraient estimer que cette élection promise à François Fillon leur a été “volée”, en particulier par les médias, en vue de favoriser le candidat du “système” à leurs yeux (Emmanuel Macron) ou la gauche en général (Emmanuel Macron, Benoît Hamon) et que l’on fait face à une situation exceptionnelle de “déni de démocratie”.

D’ailleurs, selon le site Affaires.com, une combinaison de trois facteurs majeures – comme la montée du populisme et du nationalisme économique , l’alliance avec les forces conservatrices et les nouveaux attentats– pourrait permettre à la leader du FN de gagner son pari de devenir la présidente de la République et de déjouer ainsi tous les pronostics.

Longtemps, la notion de « vote caché » a été attribuée au Front national, souvent sous-estimé dans les sondages. Avec 25,5 % des intentions de vote dans le Rolling de l’Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio publié jeudi, Marine Le Pen l’est-elle aussi ? Cette étude quotidienne ne lui a jamais accordé plus de 27 %, alors que le Front national a obtenu 27,7 % au premier tour des élections régionales de décembre 2015.

Dans l’entourage de la candidate, on a évidemment intérêt à affirmer qu’elle terminera beaucoup plus haut, au-dessus de 30 %, le 23 avril. Avec un argument : le taux de participation mesuré actuellement par l’Ifop est de 63 %. Mais il est beaucoup plus bas chez les moins de 35 ans (52 %), les travailleurs indépendants (57 %), les ouvriers (55 %) et les employés (53 %). Ces catégories votant fortement pour le FN, le parti fait donc le pari qu’une participation finalement plus importante profitera à Marine Le Pen.

D’un autre côté, l’hypothèse d’un “vote caché”  traditionnellement prêtée aux électeurs du Front national, surtout depuis l’élection de 2002 tend à disparaître selon le Figaro .  Les électeurs FN l’assument de plus en plus, d’autant que les enquêtes se font souvent dans l’anonymat d’Internet.  On a même constaté, dans certains cas, que les gens déclaraient davantage de vote FN que dans la réalité. Le FN peut ainsi être parfois surévalué : par exemple, lors des régionales dans le Nord, Xavier Bertrand (LR) a battu Marine Le Pen avec 57,7% des voix, soit 4 points au-dessus des dernières prévisions.

Pour François Fillon, dès 2012, les soutiens de Nicolas Sarkozy clamaient aussi, avant le premier tour, que le Président sortant était sous-évalué. A l’arrivée, Nicolas Sarkozy avait terminé la course avec 48.36% des voix au second tour, légèrement au-dessus des derniers sondages qui le situaient entre 45 et 47%. Mais à l’époque, les enquêtes d’opinion avaient bien anticipé la remontée de Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne droit, ce qui n’est pour l’heure pas avéré pour François Fillon. Nicolas Sarkozy a de nouveau annoncé un “vote caché” à son profit lors des primaires de la droite en novembre 2016, mais il a été éliminé dès le 1er tour avec 20.7% des voix.

  • Globalisation du Populisme:

Après le “Non” du Brexit devenu un “Oui” et l’élection Trump on  soupçonne que beaucoup de gens aussi en France ne veulent pas admettre qu’ils voteront pour Le Pen, qui est une candidate intransigeant vis à vis de l’immigration surtout s’il s’agit d’une immigration musulmane. La justesse en vie politique de chaque citoyen mène les gens à bien répondre dans les sondages même s’ils voteront pour quelqu’un plus “extrême” à la fin. Par conséquent des candidats populistes profitent du “vote caché'” sous-représenté dans les sondages.

A nos jours, on assiste à une montée du populisme (de droite et de gauche) et du nationalisme économique en Occident. Et l’élection de Donald Trump a en quelque sorte légitimé ce mouvement aux yeux de millions d’électeurs dans le monde.

En Europe, le populisme est en progression constante depuis des années dans plusieurs pays, dont la France, selon une étude  de la Harvard Kennedy School (Trump, Brexit, and The Rise of Populism: Economic Have-Nots and Cultural Backlash).Or, on assiste au même phénomène en France depuis quelques années: les ouvriers, qui ont voté pendant des années en bloc pour les communistes et les socialistes, penchent de plus en plus en faveur du Front national.

Marine Le Pen rêve d’une France ayant les frontières bouclées, sa propre monnaie et des contrôles de l’immigration assez durs. Elle rêve d’un pays qui est indépendant d’organismes internationaux comme l’OTAN ou l’UE. Ce rêve que Le Pen a rappelé à ses partisans ne serait pas un rêve unique en France mais aussi en Europe et dans d’autres pays dits “occidentaux”.

Le FN semble avoir trouvé une cause commune avec des partis d’extrême droite en’ Europe qui partagent une idéologie politique anti-Islamiste et anti-mondialiste. Le Pen est aussi une grande supportrice du  Président russe Vladimir Poutine. Elle a  déclaré que si elle a été élue, les trois leaders (Russie, France, USA) “seraient bons pour la paix mondiale.” Le FN a reçu un prêt de la part de la Russie à hauteur de 11 millions d’euros en 2014 et Le Pen a récemment demandé à la Russie un autre prêt afin de financer sa campagne actuelle, citant le refus des banques françaises de lui prêter.

Il faut se rappeler d’un vieux slogan du Front national, employé la première fois à l’occasion des législatives de mars 1993 : « Mains propres, tête haute. » Il faisait référence à l’opération « Mains propres », à savoir la mise au jour d’un système de corruption et de financements illicites de partis politiques italiens.Or, aujourd’hui, face aux affaires, le Front national a toujours cherché à se distinguer, s’affichant comme un parti transparent, porté par des représentants honnêtes et, en aucun cas, impliqués dans des affaires financières. Or, on sait que le parti et ses représentants ont été et/ou sont mêlés à différentes affaires financières.

Dernière hypothèse, compte tenu des critiques concernant son programme et surtout des affaires, il n’est pas non plus certain que François Fillon l’emporte largement face à Marine Le Pen en obtenant un soutien massif de la part des électeurs de gauche dans le cas où il serait présent au second tour.

Sources: Les affaires.com, Libération.fr, le Monde.fr, le Figaro.fr, l’Opinion.fr, HuffingtonPost.fr, Politico.eu

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