La realpolitik grecque et la paralysie du “système” d’un capitalisme barbare

Grèce: La dette publique du pays est actuellement le levier par lequel la Grèce est poussée petit à petit et durablement vers un isolationnisme économique et géopolitique. En fait,ça fait maintenant des années que la Grèce subit des mesures d’austérité pour “redresser ses finances publiques”, mais  son économie ne repart pas.

La décision prise par Berlin et par la suite son acceptation par le gouvernement grec d’imposer des excédents primaires (qui ne peuvent pas être atteints) de 3,5% du PIB pendant au moins cinq ans, est le premier acte d’un drame qui laisse augurer des très sérieux problèmes économiques, sociaux et éventuellement d’intégrité national du pays dans l’avenir, quel que soit le type de « arrangement » qui peut être décidé au sein d’un prochain “eurogroupe”.

Par exemple et selon le Monde, juste en 2015 la situation économique s’est fortement dégradée avec la plupart des voyants au rouge (croissance, déficits, dette et inflation). La Commission Européenne tablait une croissance de 2,5% , la croissance s’est élevée à seulement 0,5% en 2015.

greece poverty

Après qu’on parlait de la Grèce pendant 20 ans comme le miracle économique des Balkans son futur économique reste  aujourd’hui incertain avec une situation financière instable  qui menacé même son intégrité territoriale.

Ici je vais partager avec vous des exemples réels qui montent la profondeur de la crise dans la vie réelle dans les sept années de récession en Grèce: depuis 2010 et jusqu’au présent les naissances ont chuté de plus de 20% et des centaines de milliers de jeunes sont devenus des migrants économiques dans les autres pays de l’union européenne ou même en dehors de l’UE.

Selon Libération.fr qui reprend une étude menée pour la London School of Economics par Lois Labrianidis, professeur en géographie économique et secrétaire général du ministère grec de l’Economie, plus de 280 000 Grecs ont quitté le pays entre 2010 et 2015. Ils seraient 350 000 à être partis entre janvier 2008 et juin 2016, selon Endeavor, un réseau de jeunes entrepreneurs, et même 427 000 sur la même période selon la Banque de Grèce.

Une hémorragie pour un pays d’à peine 11 millions d’habitants. Certes, la Grèce a toujours été un pays de migrations. Les deux fondateurs – en 1927 – de Panteion, George Frangoudis et Alexandre Pantos, avaient étudié à Paris, à l’Ecole libre des sciences politiques (l’ancêtre de Sciences-Po). Mais si près d’un siècle plus tard les étudiants de la plus ancienne école de sciences politiques de Grèce renouent avec l’émigration, c’est autant à cause de l’austérité que d’un marché du travail depuis longtemps inadapté.

Dans quelques années, les Grecs seront, malheureusement, une nation composée par de personnes âgées qui ne pourront pas être entretenus voire à payer les salaires et  les pensions et préparer les futures générations. C’est ça le plus triste visage d’une Europe en crise à nos jours.

Alors que la Grèce est prise au piège de la récession et la menace de faillite, les développements géopolitiques au sein des Balkans et au Proche Orient où la Grèce se trouve plus ou moins géographiquement font la Grèce en tant que nation de plus en plus vulnérable. Les économies émergentes acquièrent un rôle de premier plan dans la région (Roumanie, Pologne, République tchèque, Bulgarie), les voisins grecs sont plus ou moins renforcés economiquement (Turquie) et d’autres sont dans la tourmente comme c’est le cas de FYROM (ARYM) et d’ Albanie.

  • La “stratégie” du gouvernement grec

Le quatrième mémorandum voté par le parlement grec la semaine dernière est une étape de plus dans la trahison par Syriza de toutes les promesses qu’elle avait faites au peuple grec de mettre fin à l’austérité, en arrivant au pouvoir en janvier 2015. Le premier ministre, Alexis Tsipras a déclaré  que ces mesures provoqueraient « un tsunami d’investissement », manifestement parce que les capitaux seraient attirés par une main d’oeuvre grecque surexploitée et payée à des salaires comparables à ceux de ses frères et soeurs de classe en Chine.

Pour saisir la situation, il faut d’abord comprendre ce que le gouvernement grec a cherché à obtenir avec le troisième mémorandum signé en août 2015 et indirectement validé par les électeurs helléniques au cours des élections du 20 septembre suivant. Alexis Tsipras avait promis de respecter le programme signé, tout en préservant les intérêts grecs et en se voyant in fine « récompensé » par des concessions des créanciers. En clair : la Grèce entendait assouplir au maximum les exigences des créanciers, puis les appliquer et utiliser cette application pour obtenir des conditions plus avantageuses en termes d’objectifs et de restructuration de la dette. Il s’agissait, dans l’esprit d’Alexis Tsipras, de changer de logique face à l’application à la lettre des demandes de la troïka des gouvernements de 2010 à 2015.

Quand Syriza est arrivé au pouvoir a refusé une pareille stratégie, préférant travailler dans les intérêts de la classe capitaliste grecque. Elle a immédiatement répudié sa promesse de mettre fin au Memorandum d’austérité entre la Grèce et l’UE et organisé un referendum sur l’austérité en juillet 2015 afin d’obtenir un vote populaire pour l’austérité et justifier une capitulation face à Bruxelles. Quand les Grecs ont voté contre l’austérité, à leur grande surprise, Syriza a foulé le vote aux pieds et a imposé des mesures d’austérité féroces afin de garder l’euro et la place du capitalisme grec dans l’UE et l’OTAN.

Très préoccupé, le FMI refuse de mettre la main à la poche dans le cadre du plan de sauvetage si des mesures facilitant ce remboursement ne sont pas accordées par les Européens. Une éventualité que l’Allemagne, à quelques mois d’élections législatives cruciales, a jusquEn savoir pl’à présent balayée d’un revers de main… Tout en considérant dans le même temps le FMI indispensable à la poursuite du programme.

De l’autre côté il  y a l’Allemagne qui refuse de faire un quelconque geste à l’égard de la Grèce. Depuis 7 ans les créanciers ont insisté sur un recyclage de la politique d’austérité  tout en raffluant le système financier afin d’ empêcher l’effondrement soudain, sans lui permettre de gagner de l’espace nécessaire pour respirer économiquement. Finalement, ce plan n’a pas contribué à libérer les forces et les ressources nécessaires pour relancer et redynamiser l’économie du pays.

D’un autre point de vue, le piégeage du pays par ses partenaires européens ne fait que perpétuer la récession ou la stagnation ce qui donne en même temps une indication forte que la priorité est une autre conception selon laquelle la Grèce ne peut pas appartenir à la première ou la deuxième vitesse de la zone euro, mais dans un espace de vie subordonné et soumis aux politiques des grandes puissances de l’Union européenne.

Photos source: @Twitter

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7 thoughts on “La realpolitik grecque et la paralysie du “système” d’un capitalisme barbare”

  1. C’est plus facile de repondre en anglais. What we are seeing here isn’t the suicide of Greece only, but of every European nation, then every nation on the planet using as a tool the intransigence of globalist capitalism. The globalist agenda is very obvious now: destroy all individual nation-states (which still represent a power they cannot be sure of controlling) and turn the entire planet into a capitalistic empire, ruled with an iron fist by the 1%ile, served by their banksters. Millions are scheduled to die in this transformation, but by destroying one nation at a time, chewing at the hind legs of the weakest first, the overall plan isn’t so obvious, and if it is obvious, there are still too many who can say, “I’m OK, you’re OK” and more than willing to go blindly along with the globalist agenda. The die is cast, the one percentile are currently fully in control on the overall process. The USA, the EU, Russia, China – none of that mean much except as they can use these forces to speed up the global take-over and the establishment of a totalitarian capitalist regime. The fate of Greece today as it tumbles under such totalitarianism is the future fate of the planet. Are you ready for it? There is no safe place any longer, or as Frank Herbert said in his remarkably prophetic book, “Dune” – there are no innocents anywhere now, i.e. the coming catastrophe is going to affect everyone, from the oldest to the youngest. This is the hardest part, it seems, for most people to grasp, that we’ve run out of “miraculous” cures for our collective blindness and gross stupidity.

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