Attentat de Manchester: la connexion Libyenne

Le 22 mai, Salman Abedi se faisait exploser après un concert d’Ariana Grande au Manchester Arena, tuant 22 personnes, dans un attentat rapidement revendiqué par le groupe terroriste Daech. Parmi les morts et les blessés figurent des enfants. Plusieurs adolescents sont toujours portés disparus.

Né en 1997 au Royaume-Uni, Salman Abedi le terroriste de l’attentat de Manchester, était issu de l’importante communauté libyenne de la ville. Une semaine après l’attentat suicide à Manchester, la police britannique a arrêté un 14ème suspect aujourd’hui et les services de renseignement se penchent sur la façon dont ils ont répondu aux signalements de l’auteur de l’attaque. L’enquête s’est également poursuivie en Libye, où le père et le frère de Salman Abedi ont été arrêtés, et où Salman Abedi lui-même se serait rendu quelques jours avant de passer à l’acte selon des révélations de ses proches non confirmées par les autorités.

Très rapidement, l’enquête a mis à jour un véritable réseau, avec des liens très nets avec la Libye, dont sont originaires les parents du tueurs. Selon DailyMail, il s’avère que les services de renseignement britanniques, communément appelés MI5, avaient été informés par le FBI sur le «dossier d’Abedi», l’attaquant de Manchester, et ce depuis janvier dernier. Cependant, pour une raison qui reste à préciser, l’enquête a été reléguée au second plan.

« Au début de 2017, le FBI a informé le MI5 qu’Abedi faisait partie d’un gang de terroristes nord-africain basé à Manchester, qui était à la recherche d’une cible politique dans le pays », a indiqué la source au Mail on Sunday.

« Les renseignements ciblés proviennent de l’interception de ses communications par les agents fédéraux américains, qui enquêtaient sur Abedi depuis le milieu de l’année 2016, et d’informations récupérées en Libye, où sa famille était liée à des groupes terroristes (…). Suite à ces renseignements, Abedi et d’autres membres du gang ont été surveillés par le MI5. On pensait alors qu’Abedi projetait d’assassiner une personnalité politique », a indiqué la source.

Et de conclure: « Cependant, il n’a rien résulté de cette enquête et hélas, le suspect a été relégué au second plan ».

Comme le rappelle Le Monde, la ville de Manchester abrite la communauté libyenne la plus importante de Grande-Bretagne. Et plusieurs jihadistes affilés à l’organisation terroriste Etat islamique seraient d’ailleurs originaires de la cité mancunienne, affirme également le Telegraph, qui met l’accent sur le noyau de recrutement terroriste qui se serait développé au sein de la ville.

France24 révèle que juste avant de frapper Manchester, la ville où il est né en 1994 et où il a grandi, Salman Abedi avait passé trois semaines en Libye. La Libye, le pays de ses parents jusqu’à ce qu’ils fuient le régime de Mouammar Kadhafi en 1991 et là où ils étaient retournés vivre, dans la banlieue de Tripoli, après la chute du régime de Kadhafi en 2011. C’est d’ailleurs au domicile familial de la capitale libyenne que les services de sécurité libyens ont interpellé mardi 23 mai le jeune frère du kamikaze, Hachem Abedi, qui a revendiqué son appartenance au groupe État islamique, puis son père, Ramadan Abedi.

Manifestement, la famille Abedi est devenue un fil à tirer pour les enquêteurs. Ce que l’on sait, c’est que le terroriste venait à peine de rentrer à Manchester après un séjour de plusieurs semaines en Libye, auprès de ses parents. Et les forces de sécurité libyenne affirment que, au moment de son arrestation, son frère Hachem s’apprêtait à retirer de l’argent envoyé par le terroriste, qu’il préparait un attentat à Tripoli et qu’il aurait même reconnu son allégeance à l’organisation Etat islamique.

Selon RFI Afrique, le père de Salman Abedi aurait été un ancien membre d’une organisation terroriste, le Groupe islamique combattant en Libye. Un parcours familial qui épouse les fluctuations du jihadisme en Libye ces dernières années:

Selon HuffPost.Com, ce groupe jihadiste salafiste, un temps proche d’Al Quaïda, est interdit au Royaume-Uni depuis 2005 et considéré comme une organisation terroriste. Mais certains de ses membres ont trouvé refuge sur le sol britannique, “où ils ont tiré avantage du fait que le pays était assez ouvert vis-à-vis des opposants politiques” de Kadhafi, analyse Raffaello Pantucci,  directeur d’études en sécurité internationale à l’institut RUSI de Londres, spécialiste du terrorisme au Royaume-Uni. Ramadan Abedi était l’un d’entre eux. Et ce n’est qu’en 2011 qu’il décide de rentrer en Libye pour combattre aux côtés des rebelles les forces de Kadhafi pendant la révolte, avant de s’y installer définitivement, selon des médias britanniques.

  • Un père au GICL libyen dont deux fils ont été recrutés par le groupe État islamique?

Selon un responsable de la sécurité à Tripoli (joint par France24/AFP), Ramadan Abedi, le père de l’auteur de l’attentat de Manchester, était membre de ce groupe jihadiste salafiste considéré comme une organisation terroriste et interdit au Royaume-Uni depuis 2005.

Le GICL a combattu en Afghanistan “aux côtés d’Al-Qaïda qui, à l’époque, rassemblait les brigades de combattants étrangers luttant avec les Taliban et Oussama Ben Laden contre les Soviétiques”, explique Raffaello Pantucci. Après la guerre en Afghanistan, certains “ont tenté de rentrer au pays pour continuer leur révolution” mais “beaucoup d’entre eux, notamment du GICL, ont fini par venir au Royaume-Uni où ils ont tiré avantage du fait que le pays était assez ouvert vis-à-vis des opposants politiques”, estime-t-il.

Aujourd’hui, ces mêmes milices combattent aux côtés de l’Etat islamique et de Ansar al-Charia à Benghazi, contre l’armée du maréchal Haftar. Le mufti de Tripoli, Sadiq Ghariani, est souvent présenté comme le pivot entre ces milices non jihadistes et les groupes terroristes. Sadiq Ghariani a longtemps vécu à Manchester, quand il était un opposant à Kadhafi.

Le 26 mai, un attentat -à nouveau revendiqué, ce samedi, par le groupe Etat islamique- contre la communauté chrétienne copte en Egypte a abouti à des frappes de représailles du gouvernement al-Sissi en Libye. Une Libye où les tensions entre les pro et les anti-gouvernement ne cessent de s’exacerber, causant la mort de 29 personnes dans des affrontements vendredi.

(Sources: France.fr, RTL, RTBE, RFI Afrique, Sputnik, Daily Mail, Telegraph, Guardian, Evening Standard, Libération.fr, leParisien.fr)

Source Photo credit: Twitter

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