Azerbaïdjan-France: Quand M. Hollande, le Président Français partait en voyage d’affaires// When my President is on a business trip

  • English:

AFP reported that the court, on the 5th of September,was going to hear an unprecedented defamation lawsuit by Azerbaijan against two French journalists in a case that critics describe as an attempt by the ex-Soviet republic to “export its censorship to France.”

The case opens a day after a media investigation revealed that Azerbaijan has allegedly been using a a 2.8-billion-dollar slush fund to buy political influence in Europe and boost the country’s international image.
A French court began hearing a lawsuit by Azerbaijan’s government against two French journalists it accuses of defamation, in a case described by the defendants and media freedom activists as an attempt by Azerbaijani authorities to export censorship beyond the country’s borders.
The lawsuit against the two television journalists has been slammed by the media watchdog Reporters Without Borders’ (RSF) as “an act of intimidation highlighting the Azerbaijani government’s contempt for free speech.”
This is the first time a foreign government has brought a defamation suit against journalists before a French court, according to RSF.
Investigative journalist and television host Elise Lucet and journalist and film-maker Laurent Richard are accused of defaming the Azerbaijani government by referring to it as a “dictatorship” when the former Soviet republic received a visit from then French president Francois Hollande two years ago and the reporting was titled: Mon président est en voyage d’affaires (When my President is on a business trip).The journalists were at the time working on a programme for France 2 television called “Cash Investigation” about the background to Hollande’s trip.
Richard was arrested and later released in Azerbaijan at the end of his reporting trip to cover Hollande’s visit to the oil-rich country of 10 million people in in the South Caucasus region.

Johann Bihr, head of Reporters Without Borders’ (RSF) Eastern Europe and Central Asia desk, testified in defense of the two French journalists on September 5, along with Azerbaijani journalist Aqil Xalil and human rights activists Leyla and Arif Yunus.

Xalil, a reporter for the opposition Azadliq newspaper, fled to France in 2008 after a series of attacks on him.

Leyla and Arif Yunus left for the Netherlands in 2016 after being convicted of economic crimes and imprisoned for 18 months following a trial that the couple and international human rights groups denounced as a travesty of justice.

Oil-rich Azerbaijan’s government has long faced criticism for alleged human rights abuses and suppression of dissent. Its president Ilham Aliyev succeeded his father as long-time leader and secured sweeping new powers in a recent referendum.

Azerbaijan is ranked 162nd out of 180 countries in RSF’s 2017 World Press Freedom Index. For the past three years, the watchdog says, the country’s authorities have “systematically eliminated what remained of media independence.”

Azerbaijan’s independent Turan news agency suspended activities last month after its bank accounts were frozen and its director arrested on tax evasion charges that rights groups call trumped-up. The last opposition newspaper, Azadliq, stopped publishing after its financial director was arrested last year. Access to some opposition websites is blocked.

  • Français

Regardez le reportage en totalité ici:

Selon le Monde.fr, l’Azerbaïdjan poursuit la chaîne France 2, et la journaliste Elise Lucet, pour un sujet de l’émission « Cash investigation » diffusé le 7 septembre 2015, dans lequel le pays était qualifié de « dictature ». L’Azerbaïdjan demande 1 euro symbolique, en réparation du préjudice.

Au cours du reportage, axé sur les coulisses des voyages présidentiels et intitulé Mon président est en voyage d’affaires, le journaliste Laurent Richard taxait également le chef de l’Etat azerbaïdjanais, Ilham Aliev, de « dictateur » et de « despote ».Le reporter avait lui-même été interpellé en Azerbaïdjan en mai 2014, au terme de son enquête, et s’était vu confisquer son matériel.

L’Azerbaïdjan avait porté plainte, entraînant la mise en examen (quasi automatique) de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, pour « diffamation envers particulier », et d’Elise Lucet, pour « complicité ». Il avait par ailleurs réclamé au Conseil supérieur de l’audiovisuel des sanctions contre France 2. Au cours du reportage, axé sur les coulisses des voyages présidentielsle journaliste Laurent Richard taxait également le chef de l’Etat azerbaïdjanais Ilham Aliev de «dictateur» et de «despote».

Pour Europe 1, devant le tribunal correctionnel de Nanterre, Elise Lucet et Laurent Richard ont dû attester du bien-fondé de l’emploi du mot “dictature” dans le lancement de leur sujet. “Ce lancement a été écrit après un an d’enquête, et chaque mot était pesé. Si on a écrit cette phrase, c’est parce qu’on a vérifié ce qui, journalistiquement, nous mène à penser qu’il s’agit d’une dictature”, fait valoir Elise Lucet, qui interroge : “Est-ce que oui ou non le pays est dirigé par un clan ? La réponse est oui. Est-ce que l’opposition est libre ? La réponse est non. Est-ce que la presse est libre ? La réponse est non. Est-ce que les élections sont entachées d’irrégularités ? La réponse est oui. Quand vous avez tous ces éléments en main, journalistiquement, vous pouvez effectivement qualifier ce pays de dictature”.

Le responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF, Johann Bihr, sera présent à la barre pour défendre Elise Lucet et Laurent Richard. A ses côtés, le journaliste azerbaïdjanais Agil Khalil, exilé en France depuis 2008 après avoir échappé à plusieurs tentatives d’assassinat. Et le couple de défenseurs des droits de l’homme Leyla Yunus et Arif Yunus, exilés aux Pays-Bas après avoir purgé un an et demi de prison malgré leur santé fragile.

L’Azerbaïdjan occupe la 162e place sur 180 au Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2017. Depuis trois ans, les autorités ont méthodiquement anéanti les derniers vestiges de toute presse indépendante. Le quotidien Zerkalo a été asphyxié économiquement et le bureau local de Radio Free Europe / Radio Liberty (RFE/RL) a été fermé manu militari en 2014. Le dernier journal d’opposition, Azadlig, a cessé de paraître, paralysé par l’arrestation de son directeur financier en 2016, et ses dirigeants ont été contraints à l’exil. En août 2017, la répression a également rattrapé l’agence de presse Turan : son directeur a été jeté en prison et ses comptes en banque gelés, contraignant le dernier média indépendant du pays à suspendre officiellement ses activités. Les principaux sites d’information indépendants sont tous bloqués dans le pays.

*Sources: English: AFP, the Local France, Radio Free Europe- Radio Liberty.//French: Europe 1, Le Monde.fr, RT France, RSF

Image/Map- Source: Wikipedia

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