La Palestine et la banalisation de la violence et de la colonisation israélienne

palestine shrinking

Les États-Unis ont inauguré leur nouvelle ambassade à Jérusalem. La reconnaissance de la ville comme capitale de l’État hébreu le 6 décembre dernier, illégale au regard du droit international.Cette inauguration coïncide avec les célébrations du 70e anniversaire de la création d’Israël et avec « La marche du grand retour », qui se tient chaque année à l’initiative d’organisations politiques palestiniennes jusqu’au 15 mai.

Le dernier bilan fait 59 morts voire plus et 2400 blessés dont 1200 par balles lors de la sanglante journée du 14 mai 2018 dans la bande de Gaza.

-C’est la faute des “extrémistes des deux camps”, dit-on parfois…

Mais depuis quand le colonialisme est-il empreint de modération ? Et où a-t-on vu un peuple colonisé s’en remettre à la générosité du colonisateur pour obtenir justice ? Un artifice commode consiste à renvoyer dos-à-dos l’occupant et l’occupé, comme si une responsabilité partagée pesait sur leurs épaules.

Vendue à l’étalage des épiceries occidentales depuis 1993, la “solution à deux Etats” est un produit frelaté, une escroquerie notoire. La capitulation de l’OLP a offert à l’occupant, comme sur un plateau, l’opportunité inespérée d’accélérer la colonisation.

L’état d’Israël et l’OLP conclurent une entente en 1993 dans le cadre des accords d’Oslo, qui étaient censés fournir une base pour la négociation d’une paix permanente. Israël consentit à la création d’un État palestinien, de même qu’à une Autorité palestinienne dirigée par Arafat. Situé en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, sur des terres conquises par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967, le nouvel État palestinien ne fut doté que d’une autonomie limitée qui n’apporta pas une paix, ni une indépendance totale aux Palestiniens.

PALESTINE -UN
Source: Wikimedia Commons

Quand, pour des motifs coloniaux secrets, toute une résistance nationale est qualifiée de terroriste, alors tous les actes terroristes assument le rôle d’une résistance nationale.
Les normes internationales ont été converties en normes nationales pratiques et même individuelles et le terrorisme et la lutte nationale de libération ont été assimilés aux yeux du public.

Le désarmement unilatéral de la résistance a livré la Palestine en pâture aux appétits d’Israël d’élargir la colonisation. Catastrophe politique, le processus d’Oslo a corrompu l’élite palestinienne et plongé ce mouvement national de libération, qui faisait jadis la fierté du monde arabe, dans les affres de la division. La Palestine d’Oslo n’est même pas un embryon d’Etat. C’est un mensonge auquel se cramponne une Autorité palestinienne moribonde et discréditée. L’idée que deux Etats puissent coexister sur le territoire de la Palestine historique n’a aucun sens.

palestine latuff cartoon satirical
https://twitter.com/LatuffCartoons

Impossible à ce stade, de ne pas revenir quelques années en arrière et de comprendre à la lumière des évènements qui se sont succédés depuis, à quel point les Accords d’Oslo ont été une erreur stratégique du président Arafat.

Depuis ces Accords, la situation en Palestine occupée continue de se déliter, au seul profit du projet sioniste. Et il faut bien constater que ni Y. Arafat à l’époque, ni le gouvernement actuel de M. Abbas – collaborationniste s’il en est – n’ont su réagir de manière adéquate, s’entêtant à poursuivre la chimère d’un « processus de paix » moribond et euthanasié au fil du temps par les sordides manœuvres israéliennes !

En brisant le consensus international sur le statut de Jérusalem, ville sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, le président Donald Trump a conduit son pays à l’isolement. Une large majorité de l’Assemblée générale des Nations unies dénonce une décision faisant obstacle à la paix. Mais, sur le terrain, la politique du fait accompli continue.

jerusalem-mother-palestine-trump

Comme l’Histoire ne s’arrête jamais, depuis l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, les forfaits dans ces territoires amplement fractionnés semblent s’accélérer. En ce moment même, la droite la plus extrême d’Israël au pouvoir, met les bouchées doubles pour accaparer dans une indifférence quasi générale, le maximum de terres qu’elle vole désormais sans retenue aux Palestiniens, pour y implanter de nouvelles colonies et en légaliser d’autres ,pourtant toutes illégales aux yeux du Droit international ,dès lors qu’elle a compris avoir le feu vert de la nouvelle administration américaine. Et que le reste du monde, tant arabe qu’européen ou asiatique s’en fout. Même l’ONU en est réduite à ses discours pitoyables, réitérant « ses inquiétudes » ou prenant des Résolutions jamais respectées !

  • L’origine de la question Palestinienne et l’Accaparement de terres palestiniennes.

Dès le début de l’immigration juive en Palestine dans les années 1930, les Juifs et les Arabes furent en conflit sur l’enjeu d’une terre que chaque religion en présence considère comme sacrée. Notons aussi que les années séparant les guerres à grande échelle de 1948 à 1973, puis celles depuis 1973, virent une agitation relativement continue de la part des rebelles palestiniens désireux d’employer tous les moyens jugés nécessaires afin d’établir un État palestinien indépendant.

Tant les Arabes que les Juifs avaient des réclamations, voire des prétentions historiques sur ce territoire que l’on appelle la Palestine, de même que sur la cité sacrée de Jérusalem. Après un long exil, les Juifs commencèrent à réaliser leur vieux rêve d’immigrer sur ces terres qui furent alors sous la tutelle britannique au cours des années 1930. Par contre, ce fut surtout au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans le contexte des horreurs de l’Holocauste, que les Juifs de par le monde furent convaincus que seul un État juif indépendant pourrait assurer leur avenir et celui de leur religion.

En 1967, l’Union soviétique encouragea et appuya les développements militaires dans les nations arabes qui entouraient Israël. L’armée israélienne fit de même, notamment en mettant l’accent sur le développement d’une puissante force blindée et d’une aviation à toute épreuve. L’armée et le gouvernement israéliens interprétaient la montée en puissance des pays arabes comme une menace sérieuse, d’autant que les services de renseignements attestaient tous d’une autre imminente offensive contre l’État hébreu.

En conséquence, Israël mobilisa discrètement les unités de réserve de son armée puis, le 5 juin 1967, lança une attaque préventive contre l’aviation égyptienne. Au cours des deux journées suivantes, les forces israéliennes décimèrent les troupes égyptiennes, capturèrent la Bande de Gaza et à nouveau la péninsule du Sinaï. L’assistance fournie à l’Égypte par le Liban, la Jordanie, la Syrie et l’Irak s’avéra inefficace, car Israël avait pris soin d’éliminer rapidement les armées de l’air de ses ennemis. Lorsque Gaza et le Sinaï furent sécurisés, Israël tourna son attention vers la Jordanie et la Syrie. Au cours des quatre derniers jours dans ce qui sera appelé plus tard la Guerre des Six Jours, Israël s’empara de la Cisjordanie, du plateau du Golan et des secteurs de Jérusalem autrefois sous contrôle arabe.

Les nations arabes choisirent d’attaquer à nouveau Israël lors du congé férié du Yom Kippour, le 6 octobre 1973. Lancées simultanément de l’Égypte et de la Syrie, ces offensives prirent les forces israéliennes par surprise, leur infligeant de lourdes pertes lors des premières journées d’engagement. Conséquemment, les forces arabes connurent certains succès, reprenant entre autres une large partie du Sinaï au sud et du plateau du Golan au nord. Les choses commencèrent à tourner à la faveur des Israéliens le 10 octobre alors qu’une série de contre-attaques parvinrent à repousser les forces syriennes dans leurs pays, comme elles arrêtèrent également les Égyptiens sur la portion sud de la ligne de front.

La guerre du Yom Kippour convainc Israël d’être plus flexible dans ses négociations avec les États arabes. À titre d’exemple, une initiative américaine amena la signature des accords de Camp David en 1978 dans lesquels Israël rendit la péninsule du Sinaï à l’Égypte en retour de la reconnaissance égyptienne du droit d’exister de la nation juive. Le retrait de la menace égyptienne mit effectivement fin aux guerres israélo-arabes à grande échelle.

Texte basé seulement sur des sources/liens:

1.« Israël à l’heure de l’Inquisition », Le Monde diplomatique, mars 2016.

2. “Jérusalem, l’erreur fondamentale du président américain“, Le Monde Diplomatique, Janvier 2018.

3.”Massacre colonial pour un «jour de gloire»”, Mondialisation.ca, May 2018.

4.La Palestine historique n’a jamais été aussi menacée. Mondialisation.ca, Fevrier, 2017

5.Les guerres de 1967 et 1973,http://www.un.org/fr/index.html

6. Pierre Blanc, Jean-Paul Chagnollaud et Sid Admed Souiah, Palestine, la dépossession d’un territoire, Paris, L’Harmattan, 2007.

7.Le Yishouv était l’ensemble du peuplement juif avant l’avènement d’Israël.

8.Palestine – La farce de la « solution à deux Etats »
,Mondialisation.ca, Décembre 2017

Advertisements

3 thoughts on “La Palestine et la banalisation de la violence et de la colonisation israélienne”

  1. I remember very well that in 2004 the king of Morroco asked the Jews to stay in country, their homeland for long time, as fully acknowledged citizens of Morroco and that there is really no need to migrate to Israel (as demanded by the Israelian government), More such kind of policy reflecting mutual respect would be needed in order to resolve the diverse problems in Israel and Palestine but I doubt this will happen soon.

    Liked by 2 people

  2. Le sort réservé aux Juifs européens a bouleversé l’univers. Or voilà qu’ils anéantissent les Palestiniens. Ils avaient un pays avant Hitler. Peut-être aurait-il fallu les aider à rentrer chez eux? Il ne restera plus de Palestine. D’un génocide à l’autre.

    Liked by 2 people

Thank you for your contribution

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s