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Le soleil se lève au “Kurdistan”, le tout possible nouveau pays au Moyen Orient


“A quoi bon à mener une vie si tu n’es pas libre?”Cemil Turan Bazidi

Si le plus grand nombre a du mal à faire la distinction entre le proche et le moyen‑orient, la question kurde leur paraît encore plus absconse. Le Kurdistan n’a pas de frontières, c’est un pays qui n’existe plus sur les cartes géographiques où il était indiqué du temps de l’empire ottoman.

Les Kurdes, 4ème groupe ethnique au Moyen Orient, constituent une des plus grandes « nations apatrides » du monde. Leur nombre total varie, selon les sources, de 25 à 35 millions de personnes.En majorité musulmans sunnites, avec des minorités non musulmanes et des formations politiques souvent laïques, les Kurdes vivent principalement en Turquie (12 à 15 millions, et représentent environ 20 % de la population totale), suivie de l’Iran (environ 6-9 millions, et moins de 10 %), l’Irak (4,69 millions, soit 15 à 20 %) et la Syrie ( 2-3 millions, 15 %).

Les Kurdes sont une population de montagnards qui occupe depuis l’Antiquité une vaste zone, le Kurdistan, qui s’étend des monts Aurus, à l’ouest du plateau iranien et de la région du mont Ararat jusqu’au pied où s’élève la plaine de Mésopotamie. Ils parlent une langue indo-européenne du groupe iranien.

Leur langue est très vivante, puisque beaucoup d’entre eux sont monolingues kurdes, elle est l’élément primordial de leur identité. Ils sont musulmans sunnites de type chaféite ce qui les différencie de tous leurs voisins.

D’importantes communautés kurdes vivent aussi en Azerbaïdjan, en Arménie et au Liban ainsi qu’en Europe, notamment en Allemagne (1 million et 300 000 en France).En Irak, ils ont obtenu une autonomie de fait. En ce moment, la région autonome du Kurdistan irakien touche à nouveau du doigt son rêve d’indépendance.

Cette région revendiquée de 530 000 km² s’étend sur le nord-ouest de l’Iran, le nord-est de l’Irak l’est de la Turquie, et l’est de la Syrie. Ainsi, bien que partagés entre plusieurs États – Turquie (on compte 1 Kurde pour 4 Turcs), Irak, Iran, Syrie, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan, Turkménistan, Kirghizie et Kazakhstan – qu’ils ne contrôlent pas, les quelque 30 millions de Kurdes sont restés relativement concentrés dans leur Kurdistan ancestral, à cheval sur quatre frontières.

population kurdes monde
Source: Institut Kurde
  • syrie carte kurdistan
  • Les Kurdes, peuple écartelé au Proche-Orient

Au lendemain de la Première guerre mondiale, l’effondrement de l’Empire ottoman laisse espérer aux Kurdes la possibilité d’obtenir un État qui leur soit propre. Sa création dans l’est de l’Anatolie et dans la province de Mossoul, est même prévue par le traité de Sèvres en 1920.

C’est sans doute à la demande d’Atatürk qu’en 1923, Lénine a retiré le statut d’autonomie qu’il avait précédemment accordé à l’enclave kurde dans les territoires soviétiques, connue sous le nom de « Kurdistan rouge » et l’a rattachée à la République d’Azerbaïdjan (Vanly,2005).

Mais, après la victoire de Mustafa Kemal en Turquie, les Alliés revinrent sur leur décision et, en 1923, le traité de Lausanne consacra la domination de la Turquie, de l’Iran, de la Grande-Bretagne (pour l’Irak) et de la France (pour la Syrie) sur les populations kurdes.

Afin de fédérer des troupes contre l’envahisseur « infidèle », éviter le « péril chrétien à l’Est (cf arméniens) et à l’Ouest (cf les Alliés européens- Grecs) », Mustapha Kemal promet lors de la guerre d’indépendance (1919-1923) de fonder la nouvelle Turquie sur le respect de l’islam et la fraternité kurdo-turque. Il s’agit de créer dans les territoires musulmans libérés de l’occupation étrangère « un Etat des Turcs et des Kurdes ».

Recep Tayyip Erdogan a adopté aussi cette stratégie sur la fraternité kurdo-turque pendant la fin de la dernière décennie et l’AKP a gagné beaucoup de militants dans les zones où vivent les populations kurdes.

Signé le 24 juillet 1923, le Traité de Lausanne divisa le Kurdistan entre la Turquie, l’Iran, l’Irak, la Syrie et l’Azerbaïdjan. Bien que nous entamions aujourd’hui son 94e anniversaire, un aspect important du Traité est souvent ignoré, de façon délibérée ou non. Le récit dominant entretient l’idée selon laquelle ce sont les alliés qui ont divisé le Kurdistan car il ne correspondait pas à leur projet impérial.

Depuis, les communautés kurdes, revendiquant la création d’un Kurdistan unifié, sont bien souvent perçues comme une menace envers l’intégrité territoriale des pays où ils sont installés (Turquie, Iraq, Iran et en Syrie). Depuis lors, les luttes et les révoltes de la libération nationale kurde (ou pour plus d’autonomie) ont été noyées dans le sang.

Au-delà de tout cela, la Troisième Internationale qui était placée sous l’influence de l’URSS a dénoncé la révolte kurde de 1925, connue sous le nom de révolte du cheikh Saïd, comme un mouvement « réactionnaire » conçu par l’impérialisme anglais pour affaiblir la République turque. Est-ce que l’histoire va se répéter à nouveau en Irak vu que la Russie est le nouveau allié de la Turquie?

  • L’oppression de la langue et du peuple kurde

La langue kurde a été chassée comme aucune autre dans l’histoire de l’humanité. Le kurde appartient à la famille des langues indo-européennes et au groupe irano-aryen de cette famille. Le kurde, la langue des Kurdes, qui appartient au groupe nord-occidental des langues irano-aryennes, n’a jamais eu l’occasion de s’unifier et ses dialectes sont généralement répartis en trois groupes nettement apparentés entre eux.

A l’issue de la première guerre les Kurdes se retrouvent divisés entre quatre Etats: la Turquie, la Perse, I’Irak et la Syrie, juridiquement souverains mais politiquement subordonnés au jeu mondial des grandes puissances. Ces Etats se sont vite trouvés confrontés au problème de la diversité des langues. La production littéraire des Kurdes et le développement de leur langue seront fonction dès lors des libertés acquises par ceux-ci dans chacun des Etats qui se partagent leur territoire.

En Turquie, les coups d’Etat militaires de 1971 et de 1980 ont restauré la politique de répression et de déportations massives vers l’Ouest de la Turquie. L’enseignement du kurde, les publications dans cette langue étaient strictement interdits.  Le leader actuel de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan a desserré beaucoup de ses restrictions vers la fin de la dernière décennie que certains qualifient comme le temps d'”ouverture kurde”.  Mais la répression a recommencé après que le cessez-le-feu avec des militants kurdes s’est interrompu en 2015. La répression s’est accélérée pendant la purge qui a suivi le coup d’Etat raté l’été dernier.

Les journalistes kurdes ou pro-kurdes sont parmi les principales victimes de la répression post-coup en ce qui concerne la liberté d’expression. En juin dernier, la  Free Journalist Society,  qui, maintenant, est bannie, a publié que 173 journalistes sont maintenant dans les prisons turques dont 50 travaillaient pour les médias kurdes ou pro-kurdes. Le seul journal  de langue kurde, Azadiya Welat, a été fermé l’été dernier ainsi que 10 chaînes de télévision qui diffusent, au moins en partie, du programme télévisé en  langue kurde.

Du fait de l’exode rural, Istanbul est aujourd’hui la plus grande ville kurde, avec deux millions de ses habitants appartenant à cette communauté. Des Turcs d’origine kurde appartiennent à l’intelligentsia turque, certains ont accédé aux plus hautes fonctions de l’État : généraux, ministres et même présidents de la République (le général Gürsel, Turgut Özal…)

En Iran, où vit plus du quart de la population kurde, comme en Turquie, jusqu’en 2015 les autorités mènent une politique d’assimilation forcée de leur minorité kurde. Toute publication kurde, l’enseignement de la langue étaient rigoureusement interdits.

En Syrie, les Kurdes ont souffert de décennies de marginalisation et d’oppression de la part du régime, réclamant la reconnaissance de leurs droits. Ils ont adopté une position de “neutralité” envers le pouvoir et la rébellion au début du conflit en 2011, avant de bénéficier du chaos généré par la guerre et d’installer une administration autonome dans des régions du Nord.

  • La naissance d’un nouveau pays au Proche-Moyen Orient: Le Kurdistan Irakien? Décryptage et réactions.

Est‑ce que le Kurdistan sera le 194ème pays représenté à l’ONU ?

Nous avons entendu ces derniers jours des avis contradictoires à propos du référendum du Kurdistan Irakien par des pays appartenant à l'”Ouest” et par les forces majeures se trouvant au Moyen Orient comme l’Iran, la Turquie et Israel. Israël, par la voix de son Premier ministre Benjamin Netanyahou, est un des rares pays a avoir apporté un soutien clair à la tenue de ce référendum qui a provoqué une levée de boucliers au Moyen-Orient et au-delà. Mais comment en est-on arrivé là ?

Après la Guerre du Golfe de 1990, les Kurdes se soulèvent mais sont rapidement défaits par l’armée irakienne. Une répression sanglante s’abat sur le Kurdistan obligeant les Américains à intervenir et à créer une zone d’interdiction aérienne pour les troupes irakiennes au-delà du 35e parallèle. Cette protection permet aux Kurdes de bénéficier d’une large autonomie sur la moitié du Kurdistan irakien, sans la reconnaissance officielle de Saddam Hussein.

Deux régions autonomes se constituent en un État fédéré en août 1992 grâce à la protection aérienne des États-Unis et du Royaume-Uni :

Ensuite, le 7 mai 2006, un gouvernement régional du Kurdistan est inauguré. Il a pour Premier ministre Netchirvan Idris Barzani. En vertu de la constitution irakienne, ce gouvernement a une autonomie législative sur son territoire au niveau de certaines compétences qui lui sont accordées au sein d’un Irak fédéral.

Au Kurdistan Irakien, les Kurdes disposent d’une force combattante : les peshmergas. En 2014, lors de la spectaculaire percée du groupe Etat islamique, les peshmergas ont montré leur efficacité face aux jihadistes, alors que l’armée nationale irakienne reculait et perdait Mossoul, la deuxième ville du pays. Pendant le conflit contre les terroristes de Daesh, 6000 combattants ont perdu la vie mais les Peshmergas n’ont pas cédé.

Mais le lien entre identité culturelle propre et Etat indépendant propre ne va pas forcément de soi.S’il est vrai que « l’Etat constitue un présupposé « nécessaire » au [droit international], (…) il n’appartient pas à celui‑ci de le définir ; il lui suffit de constater qu’il existe. C’est à l’Etat qu’il appartient de définir le droit, avec la maîtrise que cette définition implique, et non l’inverse.». La réunion de trois éléments semble permettre d’identifier un Etat : un territoire, une population, un gouvernement effectif et indépendant. Est‑ce qu’aujourd’hui la région autonome du Kurdistan irakien en dispose?

Fin août 2017, le Conseil provincial du Kurdistan Irakien avait voté pour organiser le référendum d’indépendance sur son territoire, contre l’avis de Bagdad, auquel la province est rattachée. Ses membres arabes et turkmènes avaient appelé au boycott de ce vote.

Au‑delà du désir légitime d’indépendance d’un peuple, la notion moderne du droit des peuples à disposer d’eux‑mêmes est complexe dans la mesure où ce droit a plutôt été développé dans le cadre du processus de décolonisation. C’est d’ailleurs pourquoi, « les mouvements séparatistes sont actuellement perçus comme perturbateurs de l’ordre international ».

Fort de son statut d’État fédéral, le Kurdistan peut conclure des contrats commerciaux d’explorations avec des sociétés internationales. Ainsi, le Kurdistan produisaiten 2014 son pétrole brut à raison de 300.000 barils/jour, et l’exporte directement vers d’autres États. Ces chiffres devraient passés à 600.000 barils/jour sous peu.

Mardi dernier à Bagdad, le Parlement fédéral s’était prononcé contre cette consultation prévue le 25 septembre et qui a déjà provoqué des remous dans l’ensemble de la région, les pays voisins comme l’Iran et la Turquie redoutant que les velléités séparatistes d’Erbil ne fassent tache d’huile parmi leur propre minorité kurde. Les voisins de l’Irak, Téhéran et Ankara en tête, appellent toujours à annuler cette consultation.

L’Iran a menacé, le 17 Septembre, de fermer sa frontière avec la région autonome du Kurdistan irakien et de mettre fin à tous ses accords de sécurité avec celle-ci si elle venait à proclamer son indépendance. “La sécession de la région kurde avec l’État irakien signifierait [pour l’Iran] la fermeture de tous les postes-frontière” avec cette nouvelle entité, a déclaré à la télévision( Al-Sumaria). le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Ali Shamkhani, à quelques jours de la tenue attendue d’un référendum sur l’indépendance de cette zone.

De son côté, la Turquie a averti la semaine dernière que la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien fin septembre “aura un prix”.Le premier ministre turc M.Yildrim a ajouté qu’il n’y avait aucun doute que son gouvernement allait prendre toutes les mesures nécessaires à cet égard, ont rapporté à Anadolu des sources de son cabinet.

Après l’alliance de la Turquie aux côtés du Qatar, l’Arabie Saoudite soutient de plus en plus la question de l’indépendance du Kurdistan Irakien. Les Kurdes sont des musulmans sunnites tout comme les Saoudiens tandis que le pouvoir actuel en Irak ce sont principalement des Chiites.

En outre, il semble difficile de croire que l’Etat irakien ne va pas opposer à l’éventuelle République du Kurdistan l’intangibilité de ses frontières. Selon la Libération, le 18 Septembre, après deux votes du Parlement fédéral à Bagdad hostiles au référendum, la plus haute juridiction du pays a décidé la suspension du vote dans la région autonome pour inconstitutionnalité. Le premier ministre irakien s’est dit prêt à une «intervention militaire» en cas de menace venue notamment des combattants kurdes peshmergas.

Les responsables kurdes affirment toutefois qu’une victoire du «oui» au référendum n’entraînera pas aussitôt l’annonce de l’indépendance mais leur permettra de lancer, en position de force, de nouvelles négociations avec Bagdad. La question des zones disputées, comme Kirkouk (riche en pétrole, toujours disputée entre les Kurdes et le gouvernement central, la cité du nord de l’Irak suscite les convoitises) est en effet particulièrement sensible en Irak et le référendum pourrait faire exploser ce bras de fer. Dans le cadre de la lutte contre l’Etat Islamique dans la ville même de Kirkouk , les combattants kurdes ont pris le contrôle de la sécurité tandis que des unités paramilitaires chiites se sont déployées aux alentours.Une fois de plus, Kirkouk, ancien carrefour des mondes turc, arabe et perse, risque de replonger dans la guerre communautaire.

Kirkouk fait partie des « territoires disputés » entre le gouvernement régional du Kurdistan basé à Erbil et le gouvernement central de Bagdad. L’article 140 de la Constitution de 2005, jamais appliqué, prévoit un mécanisme en trois phases pour statuer sur le sort de la ville : le retour des personnes déplacées par l’ancien régime, le recensement de la population et un référendum. Un des principaux enjeux du désaccord concerne les champs de pétrole revendiqués par les deux camps, estimés à 15 milliards de barils, soit 40 % de l’ensemble des réserves de brut de l’Irak.

La Russie semble être d’accord, même indirectement, pour qu’un Kurdistan Irakien voit le jour .La construction de l’infrastructure gazière au Kurdistan irakien, financée par la société russe Rosneft, permettra à cette région qui cherche à obtenir l’indépendance de Bagdad de devenir un important exportateur de gaz vers la Turquie et l’Europe.

Les Etats-Unis ont appelé vendredi 15 septembre à l’abandon du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien, prévu le 25 septembre en dépit de l’opposition de Bagdad, jugeant qu’il serait « provocateur » et « déstabilisant ».

L’ONU a proposé à Erbil d’abandonner ce référendum en échange de son aide pour mener sous trois ans des négociations concluantes avec Bagdad. Elle n’a jusqu’ici pas reçu de réponse de M. Barzani.

La question kurde, le front uni contre Daesh, la stabilisation de l’Irak et de la Syrie, le risque de voir une “balkanisation” et le changement inutile des frontières au Moyen-Orient sont des problèmes d’un véritable puzzle  géopolitique qui s’impose, à l’occasion du référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien.

Sources/Livres à consulter:

  • Vanly, 2005, p. 158-9.
  • Harris, 1990, p. 119; Bozarslan, Hamit., “Some Remark on Kurdish Historiographical Discourse in Turkey 1919-1980”. In: Vali, A. ed. Essays on the Origins of Kurdish Nationalism (Costa Mesa: Mazda, 2003) p. 29; van Bruinessen, Martin, Agha, Shaik and State: The Social and Political Structures of Kurdistan (London: Zed Books, 1992) p. 292.
  • Libération.fr: Référendum: le ton se durcit entre Bagdad et Erbil après une décision de justice [Consulté le 18 Sept. 2017]
  • Bryar Baban, Des aspects internationaux du statut du Kurdistan irakien : entre indépendance et fédération, Revue québécoise de droit international, 2008, 21.1, p. 55-96
  • Institut de droit international, session de Bruxelles, 1936, La reconnaissance des nouveaux États et des nouveaux gouvernements
  • L’Orient le Jour: Les Kurdes, un peuple sans Etat en quête de reconnaissance, 18 Septembre 2017 [Consulté le 18 Sept.2017]

 

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When these 5 personalities won the Nobel peace prize, even satire died.


In October of each year, the Nobel Prize committee announces who has excelled in the fields of chemistry, physics, literature, economics, medicine and peace.

The Peace Prize is to be awarded to individuals and institutions that “have done the most or the best work for fraternity between nations, for the abolition or reduction of standing armies and for the holding and promotion of peace congresses,”  according to Alfred Nobel’s will.

While meant to recognize those whose work has greatly benefited or contributed to the advancement and unity of mankind, the Nobel Peace Prize has sometimes been given to those with violent pasts, those whose award-winning work contains factual errors, or those whose accomplishments do not quiet bear up under close examination. It may be a rare occasion that the committee’s choices were short-sighted, or even worse, naive, but a number of poor decisions have been made. Here are the five most controversial Nobel Peace Prize winners of all time.

1.Henry Kissinger, the American Butcher. (1973)

HENRY KISSINGERThe illegal we do immediately; the unconstitutional takes a little longer.”

These, WikiLeaks revealed, were the words Kissinger once uttered to Turkey’s foreign minister, and they could almost serve as a mission statement for Kissinger in his role as the principal architect of U.S. foreign policy from 1969 to 1977.

Easily one of the most controversial Nobel Peace Prize winners of all time (if not the most) is Henry Kissinger. The U.S. Secretary of State during both the Nixon and Ford administrations was a joint winner in 1973 with North Vietnamese leader Le Duc Tho. Le Duc Tho rejected the award, given for the pair’s peace work in South Vietnam, because he felt that peace had not yet been achieved in the area — and doubly, didn’t want to share the award with Kissinger.  Of course, the war would not end for another two years, and it was Kissinger who fundamentally supervised the slaughter, in Vietnam, Cambodia and Laos.

Kissinger accepted the award “with humility,” but many felt that it should never have been offered to him in the first place. There were two reasons for this controversy. Kissinger was accused of war crimes for his alleged role in America’s secret bombing of Cambodia between 1969 and 1975. His win was also called premature since North Vietnam invaded South Vietnam two years after the prize was awarded, voiding his work. Two Norwegian Nobel Committee members resigned to protest Kissinger’s win.

Kissinger was also behind Operation Condor, the U.S.-orchestrated campaign of murder, torture, and disappearances in Latin America, including, most notably, his pivotal his support of the military coup that ousted the democratically elected socialist president of Chile, Salvador Allende. In the years that followed, Kissinger and Chile’s brutal dictator Augusto Pinochet would become thick-as-thieves, so-to-speak.

Elsewhere on the continent, Kissinger extended massive U.S. support to Argentina’s right-wing military, who in March of 1976 launched the “Dirty War”, a massacre against leftists that left as many as 30,000 dead and disappeared.

In Cambodia, Kissinger’s carpet-bombing led directly to the takeover of Pol Pot’s genocidal Khmer Rouge regime. Also, documents released in 2014 revealed that in 1976, Kissinger planned to launch airstrikes against Havana, strike ports and military installations in Cuba and send Marine battalions to the U.S. Naval Base at Cuba’s Guantanamo Bay.

Most noteworthy is the involvement of Henry Kissinger in giving the green light to Turkey’s invasion of Cyprus.The links between Kissinger and Turkey formed a long lasting relationship between Kissinger and the Israeli Lobby in the United States, particularly the American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) and the Turks.

2. Shimon Peres “for his efforts to create peace in the Middle East” (1994)

shimon peres

His pivotal role in realising the Oslo Accords through a back channel in the early 1990s earned him – after frantic lobbying on his own behalf – the Nobel Peace Prize in 1994, alongside Israel’s prime minister of the time, Yitzhak Rabin, and Palestinian leader Yasser Arafat.

As prime minister in 1996, Peres ordered and oversaw “Operation Grapes of Wrath” when Israeli armed forces killed some 154 civilians in Lebanon and injured another 351. The operation, widely believed to have been a pre-election show of strength, saw Lebanese civilians intentionally targeted.

Peres’ most important task, to which he was entrusted by Ben-Gurion, was developing in secret – and over United States opposition – Israel’s nuclear weapons programme through the 1950s and 60s. To that end, he recruited the assistance of France, Britain and Norway.In 1975, as secret minutes have since revealed, Peres met with South African Defence Minister PW Botha and “offered to sell nuclear warheads to the apartheid regime.”

In April 1996, Peres faced a significant right-wing backlash at home over his peace deal with the Palestinians, for which he was awarded the prize two years earlier alongside Israel’s late Prime Minister Yitzhak Rabin and late Palestinian leader Yasser Arafat. In the midst of this pressure, he unleashed the operation, forcing 400,000 Lebanese to flee their homes.

Another one of Peres’ responsibilities in his capacity as director general of the defence ministry was to “Judaise” the Galilee; that is to say, to pursue policies aimed at reducing the region’s proportion of Palestinian citizens compared to Jewish ones.

In 2005, as Vice Premier in the cabinet of Ariel Sharon, Peres renewed his attack on Palestinian citizens with plans to encourage Jewish Israelis to move to the Galilee. His “development” plan covered 104 communities – 100 of them Jewish.

Nonetheless, much of Peres’ political legacy – as heir to Ben-Gurion – is currently being discarded by Netanyahu and the Israeli right. They prefer the politics of confrontation – at home and abroad – over the back-slapping niceties of the diplomacy Peres excelled in.A few years ago, Peres described the Palestinians as “self-victimising.” He went on: “They victimise themselves. They are a victim of their own mistakes unnecessarily.”

3. Madame Aung San Suu Kyi (1991)

aung san suu kyiThis is the most recent controversy. Aung San Suu Kyi won a Nobel Peace Prize in 1991 for her campaign for democracy in Burma. At the time, it wasn’t clear if she even knew she had won the prize: Suu Kyi had been placed under strict house arrest by the country’s military dictatorship, as she would be for a total of 15 years.

As of today, But more than 405,000 people have now signed a petition on Change.org demanding the Nobel Committee withdraw the award from Ms Suu Kyi, who has been widely accused of failing to protect Burma’s Rohingya population.

Thousands of houses and dozens of villages have been burned to the ground in Rakhine State, sending nearly 300,000 fleeing for their lives in a period of just two weeks. The Burmese military, which says it has been conducting clearance operations following attacks by Rohingya insurgents at the end of August, has denied any allegations of indiscriminate killing – blaming the insurgents for killing civilians. Ms Suu Kyi also blamed the violence on “terrorists” and claimed the controversy has been caused by “a huge iceberg of misinformation”.

4. Barack Obama or Barry O’Bomber (2009)

barack obamaIn a move called “a stunning surprise” by the New York Times, Barack Obama was nominated for the Nobel Peace Prize only 12 days after he took office in 2009. When he actually won the prize only months into his first term in office, many accused the Nobel Peace Prize Committee of being politically motivated since the president was chosen to receive the award for his “extraordinary efforts to strengthen international diplomacy and cooperation between peoples,” rather than any concrete achievements.

At the time, America’s first black president said he didn’t deserve the award. President Obama’s was given the prize in 2009, “for his extraordinary efforts to strengthen international diplomacy and cooperation between peoples.” Later however, in the fight against terrorism, Obama has greatly stepped up the use of aerial drones without sufficient clarity about the legal framework for targeted killing. In places where the United States is involved in armed conflict — such as Afghanistan, Iraq, and Syria — drones can reduce the danger of civilian casualties because they are exceptionally accurate, have a small blast radius, and can safely linger before firing until no or few civilians are nearby.

But the justification for their use is more fraught in countries such as Yemen and Somalia, where the United States has not considered itself in armed conflict. Official documents obtained by Reuters news agency showed government lawyers advised the US it might be considered a co-belligerent under international law.The Obama administration  continued to authorise weapons sales to Saudi Arabia despite the warnings during the year before.

5. European Union (2012):For budget cuts and for the weapons they sell to other countries?

european union flagsThe Peace committee claimed EU deserved the award “for over six decades contributed to the advancement of peace and reconciliation, democracy and human rights in Europe.”

In 2012 the committee awarded the prize to the European Union, although the bloc was mired in recession and some of its members were involved in military interventions in North Africa and the Middle East especially France and the United Kingdom.

The award was also widely criticized because it came at a time when social rights were suffering greatly due to discord between member states resulting from economic crisis.

  • The prize never awarded
    The fact that Mahatma Gandhi never got the Nobel Peace Prize is considered one of the great blunders in the history of the Nobel Peace Prizes.

It’s hard to think of anyone in modern history who symbolizes non-violent struggle better than the Indian independence leader.Gandhi was nominated five times but never won.

Maybe soon this prize will go to Donald Trump and Kim-Jong Un probably for “peace and stability in the world”