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Daech/Syrie: “Complément d’enquête”. Lafarge : les sombres affaires d’un géant du ciment


  • English: Lafarge Investigation: The Gloomy Business of a giant of the cement

C’est la première fois qu’une entreprise du CAC 40 est poursuivie pour financement du terrorisme. Comment le leader mondial du ciment peut-il se retrouver accusé d’avoir versé des millions de dollars de bakchich à des groupes jihadistes comme Daech ? Pendant un an, les équipes de “Complément d’enquête” se sont penchées sur ce fleuron très discret de l’industrie, PME familiale devenue un géant du BTP présent dans 60 pays. Quelles sont ses méthodes, ses zones d’ombre ? Enquête depuis le berceau ardéchois jusqu’en Syrie, où est né le scandale, en passant par les Etats-Unis. 

Pour la première fois, une équipe de journalistes s’est rendue près de l’usine d’où le scandale est parti, au nord de la Syrie, et y a rencontré d’anciens salariés du site. Ingénieur, transporteur ou responsable de la sécurité à l’époque, ils nous racontent comment ils ont travaillé la peur au ventre dans une région gangrenée par l’organisation Etat islamique, et comment la direction de Lafarge a maintenu coûte que coûte la production de ciment, malgré les risques de kidnapping et les combats aux portes de l’usine.

Des documents et témoignages inédits

Des documents jamais publiés montrent comment le cimentier a scellé des accords avec plusieurs groupes jihadistes pour laisser passer matériaux, équipements et ouvriers jusqu’à l’usine. La direction parisienne était-elle au courant ? A-t-elle pactisé avec le diable ?

L’enquête de France 2 révèle que Lafarge vendait du ciment à Raqqa, la “capitale” de l’organisation Etat islamique. “Complément d’enquête” lève aussi le voile sur la partie la plus obscure du dossier : que savait exactement le Quai d’Orsay sur ce qui se tramait entre Lafarge et Daech ? Le gouvernement français a-t-il fait pression pour que l’entreprise reste en Syrie malgré le danger ? Un diplomate sort de l’ombre pour dénoncer la position ambiguë de l’Etat français.

English:

It is the first time when a company of the CAC 40 is pursued for terrorism financing. How can a world leader of the cement find itself accused of having paid  millions of dollars of bribes  to Jihadist groups as Daech? During one year, France Télévisions made this reporting regarding this very discreet jewel of the industry, the family businness which became a giant of the present construction-public works present in 60 countries. What are its methods and its shadow zones? Investigation from the Ardèche region in France until  Syria, where the scandal was made and also via the United States.

The choice to cling on in Syria after other international firms fled the fighting has dragged Lafarge, which merged with Swiss firm Holcim in 2015, into a spiral of scandal and recriminations that has embroiled the French state.

Three French judges are investigating allegations that the firm funneled some 13 million euros ($16 million) to armed fighters including Daesh (ISIS) militants to keep the factory working.

Six former or current top Lafarge executives have been charged with financing a terrorist organization.

Under interrogation in December Bruno Pescheux, the head of the former Syria affiliate, who has also been charged, admitted that they paid $20,000 a month to Daesh to facilitate the plant’s work in 2013 and 2014.

Ultimately those payments and the risk Lafarge took were in vain – the plant in Jalabiya slipped from their control and, according to local authorities, is now a base for U.S., British and French special forces who have helped push back Daesh.

  • Sources credit: FT.COM, France Télévisions
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