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Et si Marine le Pen arrivait au pouvoir….


Retour vers le futur.Et si Marine le Pen gagnait ce second tour de ces élections présidentielles? Jamais sans doute les réseaux sociaux n’ont vu apparaître autant de discussions, de déclarations, d’analyses, de sommations, d’explications, de  justifications, de commentaires, de partage et d’appels autour d’une élection. Pourtant, le verdict des urnes a montré que le candidat «le plus populaire sur les réseaux sociaux», Jean-Luc Mélenchon, n’était pas le plus populaire auprès des électeurs.

Selon Slate.fr, les réseaux sociaux offraient au FN un moyen de contourner les médias traditionnels au passé où il était pratiquement le seul à disposer d’un maillage de militants jeunes, très impliqués et familiarisés avec les nouvelles pratiques de communication. Toujours attentif à mettre en place une stratégie de conquête des masses mais souvent en butte à l’hostilité, le FN a vu tout l’intérêt d’une pratique militante qui permet de se passer du difficile porte-à-porte et autre démarchage dans l’espace public, et constitue un moyen facile de pénétrer chez les électeurs sans frapper à leur porte.

Pour le Troisième Reich et Adolf Hitler, convertir la jeunesse à l’idéologie nazie était une étape primordiale, sinon indispensable, dans la mesure où ils figuraient à leurs yeux comme les héritiers du régime, en charge de perpétuer le nazisme auprès des générations futures, appuie Steven Luckert de l’Holocaust Memorial Museum.

Marine Le Pen sera peut-être présidente, si l’on oublie d’y penser, et si l’on se contente des images qu’on nous sert, pour décerveler les Français. À ce jeu, elle excelle.Cette semaine on a vu les ouvriers de Whirlpool prendre des selfies avec Marine Le Pen  et ensuite voir Emmanuel Macron venu s’exposer, sous les sifflets et reparti en serrant des mains et promettant de revenir,  dans une usine vouée à la disparition, au contact des escroqués de la libre entreprise. Leur employeur va transférer en Pologne sa fabrication des sèche-linges, et leur vie est bouleversée de cet inéluctable changement. Macron leur a dit que l’escroquerie ne serait pas punie, que la tragédie surviendrait, et qu’il ferait en sorte de la rendre supportable; c’était peu réconfortant. Et si cette promesse valait plus que les fausses promesses de Mme Le Pen?

Quant à Macron, il est venu voir les Whirlpool pour leur dire qu’il ne pourrait pas les satisfaire, qu’il ne saurait empêcher la fermeture du site, qu’un Etat ne savait pas interdire une délocalisation, qu’il ne voudrait pas nationaliser l’usine, et que le capitalisme avait ses lois, auxquelles ont ne dérogerait pas.

En ce qui concerne Mme Le Pen et son programme socialiste économique catastrophique, comme Mitterrand après 1981, la candidate du Front national serait très vite obligée de mettre de l’eau dans son vin. Surtout parce que l’invasion migratoire ne peut pas encore attendre cinq ans avant de cesser et la France devrait être dans l’incertitude pendant cinq ans vu une potentielle sortie de l’Union Européenne.

« Catastrophe », « apocalypse », « saut dans l’inconnu »… Sous couvert d’anonymat, les dirigeants des banques françaises n’ont pas de mots assez durs pour qualifier le programme économique de Marine Le Pen selon le Parisien.fr. Pour eux, l’affaire est entendue : sa mesure phare, retourner au franc, est une bombe à fragmentation financière qui mènerait la France à la faillite. « Ce serait un choc sans précédent, provoquant une panique totale sur les marchés », résume un haut fonctionnaire.

« La perspective d’un retour au franc entraînerait rapidement une sortie de capitaux des investisseurs français et étrangers. Ceci afin de se protéger du risque de dévaluation de leurs avoirs après la conversion en franc », décrit l’Institut Montaigne, un club de réflexion libéral.Pourtant ,Il est évident qu’aussi bien l’Espagne, l’Italie, le Portugal, mais également la Grèce, la Hongrie, les Pays-Bas et d’autres pays suivront la France au cas où cette dernière devrait quitter la zone euro. Mais cela ne pourrait pas se faire du jour au lendemain. La France va entrer dans une incertitude qui va durer plusieurs années.

La leader d’extrême droite le rappelle régulièrement : elle souhaite dévaluer la monnaie pour redynamiser l’industrie française. Mais est-ce réellement faisable et quelles en seraient les conséquences ?

La potentielle nouvelle présidente a déjà annoncé, qu’en cas d’échec des négociations, elle proposerait aux Français un référendum sur la sortie de l’euro. Au cas où le Frexit l’emporterait, la France recouvrerait ensuite sa pleine souveraineté et, dans le domaine monétaire, la Banque de France battrait à nouveau des francs français qui remplaceraient les euros. Néanmoins, une sortie de la monnaie unique ne ferait pas fondre les économies des Français, mais elle aurait pour conséquence, notamment, de provoquer une fuite massive de capitaux si les autres pays gardent l’euro.

Une sortie de l’euro, provoquerait également une hausse des taux d’intérêts pour la dette française. Les marchés financiers prêtent à la France parce que sa signature est jugée crédible et parce qu’elle appartient à un ensemble politique et monétaire, l’Union européenne, qui témoigne d’un environnement stable.

Regardons maintenant  l’Allemagne. Au contraire de la France, l’Allemagne est le seul pays qui profite le plus de l’euro car celui-ci est sous-évalué par rapport à son économie réelle et que cela dope ses exportations, mais c’est elle qui en souffre le plus car ses finances se fragilisent inexorablement.L’inadaptation de l’Euro à l’économie française est flagrant, mais les bénéfices pour l’Allemagne le sont tout autant.

L’Allemagne exporte plus vers les pays du sud que ceux-ci n’exportent vers l’Allemagne. Cette dernière se retrouve donc avec une montagne de créances pourries, laquelle se chiffre en centaines de milliards d’euro et ne pourra jamais être résorbée, même si les allemands se mettent à manger des  produits fabriqués au Sud de l’Europe.

De l’autre côté,  grâce à l’euro, la Commission Européenne et la BCE ont réussi à imposer 3 plans d’austérité successifs à la Grèce. A violer le vote des grecs qui ont massivement dit OCHI (non) à l’été 2015 au plan d’austérité, par un véritable coup d’état. Car grâce à l’Euro, l’oligarchie capitaliste a le contrôle totale des finances des pays de la zone euro.

L’Allemagne est obsédée par le vieillissement démographique. La France, au contraire, a plutôt une stratégie de soutien de la croissance. Par ailleurs, l’industrie allemande a un niveau de gamme élevé et importe beaucoup de composants depuis les pays extérieurs à la zone euro. L’Allemagne est donc favorable à un euro fort. L’industrie française a, au contraire, un niveau de gamme assez faible et importe moins depuis les pays extérieurs à la zone euro. La France est donc favorable à un euro faible. (source: lepoint.fr)

Comme  l’économiste Alexandre Delaigue l’a bien résumé sur  Libération   il y a quelques années:   La zone euro se trouve donc face à un dilemme que « Amplifier [l’intégration économique européenne] pour passer à la monnaie unique exige de soit renoncer à la souveraineté nationale, soit à la démocratie. Et l’Europe a choisi de ne pas choisir. La politique monétaire a été transférée à une instance technocratique, la Banque centrale européenne, sur laquelle ne s’exerce aucun contrôle démocratique. La politique budgétaire est, elle, restée le lieu de la souveraineté étatique et des choix démocratiques. La crise actuelle est l’expression de cette absence de choix ».

Pour les éditorialistes du Financial Times, une telle élection emporterait,  des conséquences dramatiques à la fois pour l’Europe et pour le monde.Au plan européen, l’Allemagne de Madame Merkel pourrait difficilement s’entendre avec Mme Le Pen car la France et l’Allemagne se retrouveraient sur des trajectoires radicalement différentes ce qui, craint le journaliste du FT, exposerait l’Europe à la désintégration.

Au plan européen, l’Allemagne de Madame Merkel pourrait difficilement s’entendre avec Mme Le Pen même si, une fois élue, celle-ci amendait ses positions. Sans tenir compte de sa volonté d’extraire la France de l’euro et d’organiser un référendum sur l’appartenance de la France à l’Union européenne, la France et l’Allemagne se retrouveraient sur des trajectoires radicalement différentes ce qui, craint le journaliste du FT, exposerait l’Europe à la désintégration.

Dans une tribune parue ce mois-ci dans le quotidien Le Monde, vingt-cinq grands économistes, dont Jean Tirole et Joseph Stiglitz, s’en prennent à la politique antieuropéenne de Marine Le Pen et appellent à davantage de solidarité entre les états membres.

«La construction européenne est capitale non seulement pour maintenir la paix sur le continent mais également pour le progrès économique des États membres et leur pouvoir politique dans le monde», rappellent-ils en exergue de leur tribune. Ils qualifient ainsi les «politiques isolationnistes et protectionnistes» prônées par certains candidats de «dangereuses» et de «préjudiciables à la France et à ses partenaires commerciaux.» Donc, une sortie de la France de l’euro pourrait bien entraîner un défaut de son État, sa dette extérieure augmentant relativement à la valeur du nouveau franc.

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Picture: Syrilution creative arts

Sources: leMonde.fr, Contrepoids.org, Slate.fr, le Parisien.fr, le Figaro.fr, Libération.fr

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France: Christine Boutin et ses dérapages


Christine Boutin est une farouche opposante à l’égalité des droits pour les couples homosexuels, très proche de la Manif pour tous, le collectif “apolitique” contre le mariage pour tous qui se rapproche des Républicains et du Front national. Il y a une quinzaine d’années, elle combattait déjà le Pacs. Quitte à déraper et être jugée pour “incitation à la haine” envers les homosexuels. Néanmoins, Christine Boutin n’aime pas du tout que l’on porte un jugement sur son mariage avec son cousin germain Louis.

Des décennies qu’elle lutte contre l’avortement, le Pacs ou encore le mariage pour tous. Des années que Christine Boutin multiplie les dérapages, à coups d’interviews ou de post enflammés sur Twitter. Suscitant, souvent, un flot de réactions indignées.

Enfin, pour le deuxième tour, c’est décidé pour Christine! (on n’attendait que ça)! Le 7 mai prochain, la fondatrice du Parti chrétien démocrate glissera un bulletin «Marine Le Pen» dans l’urne. «Ma décision est claire, c’est “pas de Macron”», annonce lundi soir l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy au Figaro. «Macron, ce n’est pas possible», insiste l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2002. «Emmanuel Macron c’est l’incarnation de tout ce que je n’aime pas, c’est à l’opposé de mes valeurs qui ont rythmé ma vie politique. C’est le libéralisme libertaire, c’est la mondialisation, c’est l’argent, c’est la banque», s’agace l’ex-député des Yvelines.

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