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Turquie: Recep Tayyip Erdogan, le persécuteur persécuté


  • Écrit par Nedim Gursel, écrivain turc vivant à Paris. Pour Libération.fr

Il est au pouvoir depuis quinze ans, omniscient et omniprésent. Il crève l’écran de toutes les chaînes de télévision avec sa moustache en amande dans notre soupe quotidienne. Avant, il nous disait ce que nous devions boire et manger, consommer plutôt du raisin que du vin par exemple, faire trois enfants plutôt que deux, ou encore être fiers de nos ancêtres ottomans qui ne descendaient jamais de cheval et qui avaient assiégé deux fois Vienne. Et qui n’hésitaient pas à tuer leur père ou leurs fils pour garder le pouvoir.

Il en fait de même, car il lui faut toujours un ennemi. De l’intérieur ou de l’extérieur, peu importe, mais un ennemi pour consolider son pouvoir. Il appelle cet ennemi, avec le chœur des journalistes devenus ses porte-parole, «l’intelligence suprême». Hier encore, il marchait main dans la main avec l’imam Gülen qu’il accuse aujourd’hui de l’avoir mené en bateau et dont il réclame la tête. Pour cela, il est prêt à rétablir la peine de mort et à tourner la page européenne.

Personne n’ose lui dire qu’il ferait mieux de rétablir l’Etat de droit et de libérer les écrivains et les journalistes en prison. Il vient de les traiter d’«assassins», de «cambrioleurs», de «pédophiles» et d’«escrocs». D’«espions» aussi, quand il parle de Can Dündar, l’ancien rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, en exil à Berlin, et de Deniz Yücel, correspondant de Die Welt en Turquie, en confinement solitaire dans une prison de haute sécurité. Cette haine me révolte car, parmi eux, en prison depuis longtemps déjà, se trouvent mes amis. Ils ne méritent pas de telles calomnies.

L’ennemi extérieur ces derniers temps, c’est l’Union européenne dont il défie tous les jours les dirigeants en les traitant de nazis. Pourtant, il n’a pas lu un seul livre sur le nazisme. Il ignore ce que c’est et ce que cette accusation représente pour Angela Merkel. Il n’a pas lu non plus le Journal d’Anne Frank pour savoir ce que cela signifie pour les dirigeants néerlandais. Il leur reproche d’interdire ses meetings mais il ne parle guère des interdictions du même genre dans son propre pays.
Cela fait plus de quinze ans qu’il est au pouvoir et qu’il joue la victime. Il dit qu’il est persécuté (par «l’intelligence suprême», par l’Union européenne, par les intellectuels, par les diplomates qu’il qualifie de «mon cher m’as-tu-vu») alors qu’il est le seul maître du pays.

Mais cela ne lui suffit pas, il veut plus de pouvoir encore, plus de persécutions et d’arrestations. Faire le ménage pour de bon. Au lieu de balayer devant sa porte, il s’en prend aux dirigeants des pays démocratiques qui, eux, respectent la liberté d’expression et les droits de l’homme, et ne mettent pas en prison les journalistes. Il ne peut s’exprimer en Allemagne ou aux Pays-Bas, en Suisse également, mais il a fait taire toute forme d’opposition dans son propre pays.

Le persécuteur persécuté n’est pas à plaindre. Qu’on le laisse parler, dire ce qu’il pense là où il veut. En France notamment, le président de la République a donné son feu vert pour le meeting du ministre turc des Affaires étrangères à Metz et il a eu raison. Pourtant, il n’a pas réagi quand je lui ai adressé une lettre ouverte publiée dans la presse qui l’appelait à sauver la démocratie en Turquie. Le référendum du 16 avril décidera du sort du régime. Nous parlions jusqu’ici de la dérive autoritaire. Désormais, si le «oui» l’emporte, il faudrait parler du péril totalitaire.

  • Écrit par Nedim Gursel, écrivain turc vivant à Paris. Pour Libération.fr
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Turkey and the US President Trump’s decision to arm the Kurdish forces in Syria.


Rojava Kurds Map Syria May 2017
Wikipedia caption https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/61/Syria_and_Iraq_2014-onward_War_map.png

US President Trump has approved a plan to directly arm Kurdish forces fighting in Syria, the Pentagon said on Tuesday, the 9th of May inflaming already strained ties with Turkey and putting the U.S. military a step closer to seizing a remaining Islamic State stronghold.

The decision, which was first reported by NBC, is sure to enrage Turkey, which views the Kurdish People’s Protection Units (YPG), which make up the largest share of the SDF, as an existential threat. According to the WashingtonPost, “the Trump administration — nor the Barack Obama administration before it — had not made any secret of its intention to give the Syrian Kurds a primary role in attempting to seize Raqqa. Defense officials have said repeatedly the Raqqa operation would require direct weapons shipments and upgraded equipment as local forces maneuver though minefields and other obstacles leading into the city.”

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F297459630456872%2Fvideos%2F726535304215967%2F&show_text=0&width=560

The militant group, the People’s Protection Units, known by the Kurdish abbreviation Y.P.G., is fighting alongside Syrian Arab forces against the Islamic State and is intending to expel the jihadist organization from its de facto capital in Raqqa, Syria. But Turkey considers the Y.P.G. a terrorist organization and asserts that it is closely linked to the P.K.K., a Kurdish separatist group that has waged an insurgency against the Turkish government.

Last year the Turkish leader moved military forces into northern Syria, ostensibly to fight against the Islamic State, but equally to ensure that YPG forces did not consolidate along Turkey’s southern border. More recently, Erdogan has suggested he would send Turkish troops deeper into Syria, toward Raqqa, despite American plans to support a Kurdish-dominated offensive.

According to Reuters, Turkey warned the United States on Wednesday that a decision to arm Kurdish forces fighting Islamic State in Syria could end up hurting Washington, and accused its NATO ally of siding with terrorists.

The rebuke came a week before President Tayyip Erdogan is due in Washington for his first meeting with U.S. President Donald Trump, who approved the arms supply to support a campaign to retake the Syrian city of Raqqa from Islamic State.

The United States regards the YPG as a valuable partner in the fight against Islamic State militants in northern Syria. Washington says that arming the Kurdish forces is necessary to recapturing Raqqa, Islamic State’s de facto capital in Syria and a hub for planning attacks against the West.

That argument holds little sway with Ankara, which worries that advances by the YPG in northern Syria could inflame the PKK insurgency on Turkish soil.

Weapons supplied to the YPG have in the past fallen into PKK hands, said Turkish Foreign Minister Mevlut Cavusoglu.

While Turkey could impose limits on the use of the Incirlik base, that would hamper operations against Islamic State, which also menaces Turkey itself and has claimed responsibility for attacks including the bombing of Istanbul airport.

Turkey could also step up air strikes on PKK targets in northern Iraq. Turkish warplanes attacked Kurdish YPG fighters in northeastern Syria and Iraq’s Sinjar region late last month.

Turkey has consistently warned that it could intervene militarily in the region. But the prevailing view was that Turkey refrained from military action so as not to confront the United States and Russia. That restraint ended April 25 when Turkish jets bombed YPG facilities at Mount Karachok, near the Syrian town of Derik, and Kurdistan Workers Party (PKK) targets near Iraq’s Sinjar.

The Economist reports that while America complains that Turkey is bombing its proxies, Turkey fumes that America is arming its enemies. Over the past couple of years, a relentless cycle of PKK attacks and brutal military reprisals has left a trail of destruction, displacement, and thousands of victims across Turkey’s Kurdish south-east.

For Barin Kayaoglu columnist for Al-Monitor, now, the million-dollar question is whether Ankara will make any moves to weaken the YPG-SDF offensive (as it did with the April 25 airstrikes), or wait out the United States, which has a habit of prematurely withdrawing from Middle Eastern conflicts and a history of abandoning Kurds?

  • Sources: WashingtonPost, NYTimes, Reuters, Al-Monitor.