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Opinion: Dans les prisons turques la dignité humaine est “sauvée”!


Écrit par M. Costas Mavrides
Député Européen chypriote,( MEP ,S&D &DIKO),
Membre de la délégation auprès du comité parlementaire mixte UE-Turquie.

La Turquie d’Erdogan, en ne respectant pas les règles fondamentales de la démocratie,a  déployé un niveau inhabituel de brutalité à l’encontre de ses propres ressortissants. Cela s’avère vrai en regardant les reportages diffusés largement  dans d’autres pays comme la France ou l’Allemagne mais qui sont absents quand on en parle à Chypre avec nos correspondants en Turquie. Un bon exemple récent qui démontre ce fait est  la détention du président d’Amnistie internationale  en compagnie de 22 autres avocats.

Entre-temps, le système judiciaire turc a été transformé en un outil de répression par le régime qui s’acharne actuellement sur une femme :Mme Figen Yuksekdag  qui dirige conjointement le Parti démocratique des peuples (HDP) avec Selahattin Demirtas, principale formation pro-kurde du pays est actuellement détenue tout comme M. Demirtas en prison ainsi que 7 autres députés du parti. Le régime du neo-sultan par décret a annoncé la déchéance de son mandat d’élue de la Grande assemblée nationale de Turquie et éjectée de ses fonctions comme co-présidente et membre du HDP. Aujourd’hui , après huit mois de prison ferme avec des criminels (Kandıra, F Type Prison) un acte d’accusation a été dressé à son encontre et va comparaitre devant la 16e Cour criminelle d’Ankara le 4 juillet 2017 comme étant… le pire ennemi de la démocratie turque . Selahattin Demirtaş devra attendre jusqu’au 6 septembre pour comparaître devant ses juges.

L’acte d’accusation comporte des accusations comme diriger une organisation terroriste, de faire la propagande pour une organisation terroriste, d’avoir incité la population à la haine et l’hostilité, de l’avoir poussée au crime, incitée à violer la loi, à participer à des manifestations et à des réunions interdites. Son acte d’accusation comporte pas moins  de huit dossiers reposant sur ses discours prononcés en tant que dirigeante du HDP! Plus étonnant encore, elle est accusée pour incitation à la résistance contre le siège de troupes de l’Etat islamique à Kobané.

Le régime dans son obsession partiale et son aveuglement  révèle indirectement ce qui refuse obstinément depuis longtemps: qu’il  coopère avec les combattants djihadistes de l’Etat Islamique.

Erdogan et son  parti islamiste AKP, ont pris pour cible Mme Yuksekdag  vu qu’elle est premièrement une femme et deuxièmement une femme d’ origine turque (et non kurde). Un régime misogyne veut que la femme soit soumise aux ordres de l’homme dans la société civile, et rejette le pluralisme et l’égalité des sexes.  Mme Yüksekdağ en tant que femme turque est un bon exemple de ce pluralisme au sein du HDP dont le régime veut briser.

Un autre récent « exploit » du régime d’Erdogan, est l’interdiction de toute commémoration du massacre de Marash qui a eu lieu en Turquie en 1978  où les populations alévies et de gauche ont été la cible. Récemment, au Parlement Européen il y a eu lieu la première Conférence  Internationale au Parlement Européen consacrée au massacre de Marash pendant laquelle des informations sur des centaines de morts, y compris les nourrissons et les enfants ont été présentées toute comme des informations sur  la destruction des maisons et des magasins ou encore l’expulsion de milliers de personnes.

marash massacre turquie turkey european parliament costas mavrides
Crédit: @Facebook de Costas Mavrides

Ce crime organisé a été orchestré  par l’“État profond” en Turquie pour lequel personne n’a jusqu’à présent été puni  et le régime d’Erdogan essaie d’étouffer en interdisant toute manifestation. Comme j’ai souligné lors de la conférence, le nettoyage ethnique ou  religieux en Turquie sont des crimes impunis et en même temps un outil macabre dans les mains de cet “État profond” en Turquie qui existe aujourd’hui dans sa plus sale version sous le regime du “neo-sultan” Erdogan. En comparant l’invasion turque  à Chypre en 1974 et le massacre de Maras en 1978, j’ai pris note de la même politique de nettoyage ethnique et un macabre constat.  Dans les deux cas, des centaines de victimes assassinées et disparues ou ont été enterrés dans des fosses communes, mais les signes de ces atrocités ont délibérément été effacés par le régime turc tandis que leurs familles  attendent toujours de savoir  ce qui est arrivé aux êtres qui leur sont chers.

Dans ce combat pour l’humanité,  je crains qu’on soit tombés dans le silence de la part des représentants au sein de l’Union Européenne ou même encore à Chypre qui tandis qu’ils se mettent dans la position de défendre l’idée du progressisme ils sont gênés par la divulgation de ces infractions commises. Plusieurs hommes et femmes soit de gauche soit de droite dits “progressistes”, alors qu’ils maudissent Hitler (et ses crimes contre l’humanité) en criant “Le fascisme, plus jamais ça!”, restent muets face à ses crimes contre l’humanité. Ils sont en train de maudire Hitler mais en même temps ils inventent délibérément toujours des raisons de faire confiance à ce régime islamo-fasciste turc dirigé par M. Erdogan dans le cadre visant à trouver “une solution pacifique” à la question chypriote.

C’est le cas du journal “Politis” (chypriote-grec) qui a salué la victoire de M. Erdogan et en même temps au cabinet du Président chypriote on espérait que sa victoire au référendum sur le renforcement des pouvoirs du président turc en vue de se montrer plus conciliant autour du chapitre de négociations chapitre sur la sécurité et les garanties, dans les prisons turques une femme sauve la dignité de l’humanité et démasque l’hypocrisie.

Featured Image credit: @Costas Mavrides

*Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues d’Eyes of Europe and the Middle East . Traduit de sa version originale en grec avec l’accord du député.

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La Grèce, Chypre, l’Italie et Israël signent “Est Med” le nouveau projet de Gazoduc en Méditerranée de l’Est (FR/en)


Les ministres de l’Énergie de l’Italie, la Grèce, Chypre et Israël ainsi que Miguel Arias Canete, Commissaire européen pour l’action sur le climat et l’énergie, se sont engagés,  début  Avril, depuis Tel-Aviv, à faire avancer un projet de gazoduc sous-marin reliant la Méditerranée orientale au sud de l’Europe. Ainsi, tous les six mois, les ministres de l’Energie des pays concernés se réuniront pour le suivi d’un dossier ouvert depuis 2015.

Selon  le Commissaire d’Énergie le projet “satisferait quand même à l’ensemble des conditions requises pour rendre un engagement financier possible.”

M.Canete a aussi noté que Chypre et Israël étaient “très fiables” comme des fournisseurs d’énergie  et que leurs réserves à gaz pourraient faire une contribution de valeur à la stratégie de l’UE “de diversifier les sources, les trajets des gazoducs et les fournisseurs.” Il a admis que ce projet aiderait à limiter la dépendance énergétique via le Nord Stream vis à vis la Russie pour sécuriser la transition d’approvisionnement énergétique au vieux continent.  

gas pipeline network russia europe

Depuis plusieurs années, la Méditerranée orientale est devenue une zone d’exploration gazière très active, notamment après la découverte d’importants gisements gaziers au large d’Israël,  de Chypre et de l’Egypte. 
La Turquie, le Liban et la Syrie comptent bien de ne pas se laisser écartés  dans cette “bataille” de devenir aussi des carrefours énergétiques entre l’Asie et l’Europe.

 Rappelons parallèlement que Chypre est coupée en deux – entre partie occupée par l’armée turque et la partie chypriote – depuis plus de 40 ans.

Développé avec le soutien de l’Union européenne, ce gazoduc baptisé EastMed serait le plus long ( 1 300 km sous-marin et 600 km terrestre) et le plus profond au monde. Il réduira la dépendance de l’Europe au gaz russe tout en permettant un nouveau débouché aux nouveaux champs d’hydrocarbures découverts à l’Est de la Méditerranée et situés au large des côtes israéliennes et chypriotes.

Selon IGI Poseidon – co-entreprise grecque détenue à parts égales par DEPA SA et Edison S.pA. qui détient 100% du projet – le gazoduc pourrait transporter 16 milliards de mètres cubes de gaz par an.

En outre, en décembre 2016, Israël a donné son autorisation pour la vente à la Grèce de deux champs gaziers situés dans la zone, brisant le monopole d’un consortium formé par la compagnie américaine Noble Energy et le groupe israélien Delek. Un accord d’autant plus important qu’ils renforcent les relations entre les gouvernements grecs et israéliens alors qu’Israël mène un projet de construction de gazoducs en Méditerranée, avais-je alors indiqué.

Le chantier devrait coûter 6,2 mrds$ (5,8 mrds€) pour une mise en service en 2025. Les études de faisabilité financière du projet sont déjà finalisées mais devront désormais prendre en compte une nouvelle donnée pour le calcul de la rentabilité : la chute du prix des hydrocarbures.

Précisions de taille : un accord de délimitation des zones économiques exclusives a été conclu le 17 décembre 2010 entre Israël et Chypre, en vue de permettre aux deux pays la poursuite des recherches off-shore d’hydrocarbures de part et d’autre dans la partie orientale de la Méditerranée, de  gigantesques réserves de gaz ayant été alors découvertes dans la zone. Cette entente avait provoqué de vives réactions des pays voisins … Turquie, Syrie, Liban et l’Égypte voyant d’un mauvais œil la volonté hégémonique de l’Etat hébreu sur les gisements récemment découverts.

Selon les contrôles de la commission gouvernementale israélienne mise en place pour gérer un fonds d’exploitation des ventes, les recettes prévues des gisements Léviathan, Tamar et Dalit étaient alors  estimées à 100 voire à 130 milliards de dollars jusqu’en 2040.

Egalement, une haute responsable israélienne a déclaré pour sa part qu’Israël espérait pouvoir exporter du gaz vers la Turquie dès 2021. Israël espère en effet exporter ce gaz vers la Jordanie, l’Europe et la Turquie. Un premier accord a déjà été signé avec Amman en septembre 2016. Selon la responsable israélienne, un accord avec la Turquie devrait être finalisé d’ici l’été 2017.

Selon Hürriyet, tandis qu’Ankara a longtemps espéré que TANAP transformerait la Turquie comme la route principale pour le gaz naturel asiatique du Moyen-Orient et Central en ce qui concerne son acheminement en Europe, les efforts en cours de l’UE afin de diversifier ses voies d’approvisionnement changent l’échiquier d‘énergie dans la zone de Méditerranée Orientale.

Bien que le gazoduc Trans-Med ait été écarté par des analystes comme commercialement impraticable en raison du prix de gaz très bas, plusieurs contrats ont été signés récemment signés entre Chypre et des entreprises d’énergie internationales Le 5 avril, deux jours après le sommet Trans-Med, le Qatar Petroleum et ExxonMobil ont signé une exploration et un contrat en partageant l’exploration et la production avec la République Chypriote au sein du  Bloc 10 dans la zone économique exclusive chypriote.

En mars, le géant d’énergie italien Eni a annoncé qu’il avait acheté les droits d’exploitation à 50% concernant le Bloc 11 qui appartenait à Total S.A. Le bloc 11 est adjacent à la concession Shorouk de l’Égypte dans laquelle Eni a fait l’immense découverte en 2015 du gisement de gaz naturel Zohr qui reste comme la plus grande découverte de gaz naturel en Méditerranée Orientale. Le domaine Zohr de l’Égypte, contient 850 milliards de centimètres cubes de gaz naturel, dont 50 à 60 pour cent peuvent être exploités . Si le réservoir de carbonate de Zohr s’étend à travers la frontière entre l’Égypte et les zones économiques exclusives de Chypre, il y a la possibilité que Chypre a des réserves de gaz naturel majeures dans le Bloc 11.

Eastern Mediterranean EEZ

English:

DW.COM: The planned pipeline – stretching about 2,000 kilometers (1,248 miles) on the bed of the Mediterranean Sea – aims to link gas fields off the coasts of Israel and Cyprus with Greece and possibly Italy, at a cost of up to 6 billion euros ($6.4 billion).
After a meeting in Tel Aviv in early April, between energy ministers from Israel, Cyprus, Greece and Italy, European Climate and Energy Commissioner Miguel Arias Canete told reporters he believed the project would “meet all relevant requirements” to make a financial commitment possible.

Canete also noted that Cyprus and Israel were “very reliable” suppliers, and that their gas reserves could make a valuable contribution to the EU’s strategy to “diversify sources, routes and suppliers.”

Canete admitted it would help limit reliance on the Nord Stream pipeline via Russia, which he said “adds nothing to the security of supply.”

  • Sources:AFP, Reuters, L’Orient le Jour, Mondialisation.ca, DW.de, Hurriyet, Keep Talking Greece

Read: iSRAEL, EUROPEAN STATES ADVANCE PLANS FOR WORLD’S LONGEST UNDERWATER GAS PIPELINE