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Syrie : les États-Unis veulent contenir l’influence de la Russie, l’Iran et Bachar el-Assad


La Turquie critique vivement le projet annoncé dimanche par la coalition internationale anti-jihadistes emmenée par les Etats-Unis de création d’une force frontalière forte de 30 000 hommes dans le nord de la Syrie, avec notamment des combattants des milices kurdes syriennes YPG considérés par Ankara comme “terroristes”.

“Nous prévenons que l’armée de l’air syrienne est prête pour détruire les cibles aériennes turques dans le ciel de la Syrie”, a déclaré le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad devant la presse.

Damas a prévenu jeudi Ankara que l’armée syrienne était prête à détruire les avions turcs qui tenteraient d’attaquer un bastion en Syrie d’une milice kurde considérée par la Turquie comme “terroriste”.

“Agression”
“Nous prévenons les dirigeants turcs que s’ils lancent des combats dans la région d’Afrine, cela sera perçu comme une agression de la part de l’armée turque contre la souveraineté” de la Syrie, a ajouté le responsable, cité par l’agence officielle Sana.

Menaces turques et russes!
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé lundi de lancer une opération contre une force que Washington souhaite constituer en Syrie avec notamment des combattants kurdes. La coalition emmenée par les Etats-Unis pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI) avait annoncé dimanche la création de cette force frontalière pour “empêcher la résurgence” des djihadistes. Cette force doit comprendre des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, selon la coalition.

Dans ce contexte, le chef de l’état-major turc Hulusi Akar et le patron des services de renseignement turc Hakan Fidan se sont rendus jeudi à Moscou où ils doivent évoquer avec le chef de l’armée russe la situation en Syrie, a indiqué l’armée turque. La Russie met en garde contre le «risque d’effondrement du pays», tandis que la Turquie menace «d’éliminer les nouvelles unités à la frontière».

  • Le PKK et le FDS

Les FDS contrôlent actuellement deux vastes territoires autour des villes de Manbij et d’Afrin au nord-ouest du pays, et tous les territoires sur la rive gauche de l’Euphrate jusqu’à la frontière irakienne. Entre les villes, le territoire est contrôlé par les forces turques et l’opposition syrienne depuis l’opération turque Bouclier de l’Euphrate dont l’un des objectifs consistait à éliminer les Kurdes des territoires situés près de la frontière turco-syrienne. En mars 2017, Ankara a annoncé la fin de l’opération réussie mais continuait de menacer régulièrement d’une offensive contre Manbij et Afrin.

Or, les FDS sont dominées par les Unités de protection du peuple kurde (YPG), une milice kurde considérée par la Turquie comme l’extension en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation kurde qui livre une sanglante guérilla contre Ankara depuis 1984. Le président Erdogan, qui craint de voir les milices kurdes syriennes s’implanter durablement à la frontière avec la Syrie, a affirmé que l’armée turque était “prête” à lancer une opération “à tout moment” contre les bastions des YPG à Afrine ainsi qu’à Minbej.

  • Les Etats-Unis calment le jeu.

Εn général, une certaine confusion règne sur les intentions des États-Unis dans le nord de la Syrie. Mercredi, Rex Tillerson, le secrétaire d’État, a cherché à lever le doute sur la réalité de l’engagement américain en Syrie. «Il est crucial, pour notre intérêt national, de maintenir une présence militaire et diplomatique en Syrie», a affirmé le chef de la diplomatie américaine, lors d’un discours à l’université de Stanford en Californie.

Tillerson a énuméré les objectifs que s’assigne Washington, en restant en Syrie. D’abord «que l’EI ne refasse surface». «L’EI, a-t-il dit, a actuellement un pied dans la tombe, et en gardant une présence militaire américaine en Syrie, il en aura bientôt deux». Rex Tillerson a appelé à ne pas «faire la même erreur qu’en 2011» lorsqu’«un départ prématuré d’Irak a permis à al-Qaida de survivre» dans ce pays avant de muer pour donner vie à l’État islamique.

D’autre part, en restant en Syrie, les troupes américaines entendent lutter contre le renforcement de la présence iranienne dans ce pays. «Un désengagement américain» fournirait à l’Iran, bête noire de l’administration Trump, «une occasion en or de renforcer encore davantage ses positions en Syrie», estime Tillerson. Washington veut éviter qu’à terme, l’Iran ne puisse «se rapprocher de son grand objectif, le contrôle de la région», a martelé le chef de la diplomatie américaine.

«Un retrait total du personnel américain à ce stade aiderait Assad à continuer de brutaliser son propre peuple. »

Rex Tillerson, chef de la diplomatie américaine

Enfin, les États-Unis ne veulent rien faire qui puisse aider Bachar el-Assad à rester au pouvoir. «Un retrait total du personnel américain à ce stade aiderait Assad à continuer de brutaliser son propre peuple», a-t-il justifié. Or, a ajouté Tillerson, «une Syrie stable, unie et indépendante nécessite, in fine, un leadership post-Assad pour voir le jour».

  • Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a assuré que les déclarations américaines sur la Syrie étaient “insatisfaisantes”.

Malgré l’apaisement américain, la Turquie a fait savoir jeudi qu’elle n’était «pas satisfaite» par les dernières déclarations du Pentagone. «Nous avons besoin de voir des mesures concrètes», a insisté le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu, lors d’un entretien à la chaîne de télévision CNN-Türk.

Mais avant de lancer une offensive militaire contre les Kurdes syriens, Cavusoglu a affirmé la nécessité de se «coordonner» avec la Russie, dont des soldats sont déployés comme «observateurs» à Afrin, afin d’ «éviter tout accident». «Il ne faut pas qu’elle (la Russie) s’oppose à une opération à Afrin», a souligné le ministre turc des Affaires étrangères.

Est-ce que la Russie va attaquer les Kurdes pour ses propres intérêts? 

*Sources: Sputnik, Anadolu, Paris Match, Le Figaro.Fr//Turkish forces surround Kurdish enclave in northern Syria :(source: al Masdar news)

 

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Exil Nazi : “La Promesse De L Orient”


Documentaire 

Un film de Géraldine Schwarz.

Après la guerre, nombre de criminels de guerre nazis ont réussi à échapper à la justice. Beaucoup sont partis pour l’Amérique du Sud. Mais il existe une autre destination, restée dans l’ombre jusqu’à aujourd’hui : le Moyen-Orient.

Grâce notamment à un accès inédit à des archives des services secrets d’Allemagne de l’Ouest (BND) et à d’autres sources internationales, ce documentaire révèle qu’après la guerre des dirigeants arabes en Egypte et en Syrie ont recruté plusieurs centaines d’anciens nazis et SS.

Ces anciens serviteurs du Reich ont contribué à reconstruire leurs armées et leurs services de renseignement pour les aider à combattre Israël. Certains anciens collaborateurs de Joseph Goebbels ont même apporté leur « savoir-faire » en matière de propagande.

La réalisatrice a pu reconstituer leur exil depuis Rome, plaque tournante des nazis en cavale. Parmi eux, Walther Rauff, l’un des logisticiens de la Shoah qui a coordonné le déploiement de camions à gaz dans l’Est de l’Europe pour exterminer les Juifs. Rauff organisera, avec l’aide de l’évêque Alois Hudal et sous le nez du Vatican et de la Croix-Rouge internationale, l’exil vers la Syrie d’une cinquantaine d’anciens nazis. Dont Franz Stangl et Gustav Wagner, chefs des camps d’extermination de Sobibor et de Trilinéaire.

Au Caire, grâce à des témoignages inédits, le film suit la trace de plusieurs d’entre eux : comme Artur Schmitt, général-major de l’Afrikakorps recruté par la Ligue arabe. Ou Gerhard Mertins, ancien Waffen-SS, trafiquant d’armes et spécialiste des combats de guérilla, qui sera plus tard impliqué dans la secte néonazie « Colonia Dignidad » au Chili.

En Egypte, le film retrace également le parcours de Johann von Leers, un ancien expert de la propagande nazie recruté parmi d’autres sous Nasser. Antisémite fanatique, Von Leers avait travaillé sous le Reich avec le Grand Mufti de Jérusalem à un rapprochement idéologique du national-socialisme et de la religion musulmane.

Ces activités d’anciens nazis au Moyen-Orient suscitèrent en secret des tensions diplomatiques entre la Grande-Bretagne et la République Fédérale d’Allemagne (RFA). L’ancienne puissance coloniale craignait pour son influence en Egypte, tandis que comme le révèle le film, dans le dos de Bonn le BND recrutait certains de ces hommes pour mieux s’implanter dans la région. Tels Gerhard Mertins et Johann von Leers et plus tard, Walther Rauff.

Mais les services secrets allemands ne sont pas les seuls à s’être ainsi compromis. En revenant sur leur parcours au Moyen-Orient, le documentaire apporte de nouvelles preuves de l’impunité dont ont bénéficié de nombreux nazis. Longtemps encore après la guerre, en Europe et ailleurs, les institutions politiques, religieuses et judiciaires censées les poursuivre ont brillé par leur inertie. Beaucoup d’anciens responsables nazis ont été protégés voire même recrutés par des Etats, des entreprises et des services de renseignement de tous bords.

  • Presse

« Grâce à de nombreux documents des services secrets ouest-allemands, Géraldine Schwarz analyse le contexte géopolitique qui a rendu possible l’installation de ces criminels de guerre au plus près du pouvoir en Syrie ou en Egypte. Ce récit riche en informations, en témoignages et en images d’archives, éclaire la période de la guerre froide qui mena à l’inertie face à l’influence de ces criminels. » – Télérama

  • Festivals

Sélection au Festival International du Film d’Histoire de Pessac

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